Cimetières : les règles changent, les familles vont-elles devoir payer plus à Lille ?

La facture lors de l’enterrement d’un proche va-t-elle s’alourdir ? À Lille, la question se pose. Les entreprises de pompes funèbres, elles, sont remontées. La mairie leur demande désormais, quand elles ajoutent un défunt dans une concession, de stocker hors du cimetière les pierres tombales et autres monuments funéraires.

La question ne se pose pas pour les caveaux bétonnés. Mais pour les concessions dans lesquelles les cercueils sont placés en pleine terre. Quand les pompes funèbres doivent rouvrir une tombe, pour une nouvelle inhumation, elles remuent la terre. Il est donc impossible pour elles de remettre en place les éléments lourds comme les monuments, chapelles, pierres tombales. Il faut attendre 3 à 4 mois que le sol se tasse. Jusqu’à aujourd’hui, les éléments retirés étaient stockés dans le cimetière même.

"Au cimetière de Lille Sud, sur 240 000 m², nous avons besoin de 60 m². On nous dit qu’ils n’ont plus de place. Mais nous, on redoute la casse lors des transports et ce sera un surcoût pour les familles", s’insurge Pierre Lemahieu, des Pompes Funèbres Marbrerie Lemahieu à Roncq et Lille. 

Un surcoût de 500 à 700 euros

Les entreprises de Pompes Funèbres ne décolèrent pas. "Et quand une urne avec des cendres est scellée sur une pierre tombale… On fait comment ? C’est considéré comme un corps, on n’a pas le droit de les sortir du cimetière". S’interroge encore Pierre Lemahieu, marbrier depuis 1961.

Transport, stockage, casse, les inquiétudes de ces professionnels sont fortes. Et puis, "Nous estimons le surcoût entre 500 et 700 euros selon la taille des monuments à déplacer. Et, les familles n’ont pas été informées de cela lorsqu’elles ont acheté une concession… ", ajoute Pierre Lemahieu.

Manuel Micottis, marbrier à Villeneuve d'Ascq, soulève lui d’autres questions : "certains monuments sont non transportables, comme certains des années 60, les granito plaqués. Le risque de casse est trop important. Les bouger doucement dans le cimetière, oui, mais pas en véhicule sur les routes, ce serait trop dangereux". Et puis, quid des assurances ? "On va se retrouver responsables durant les mois du stockage et du transport de ces monuments, nos assurances ne sont pas prévues pour ça !".

Sans vouloir polémiquer, le chef d'entreprise ajoute « je ne comprends pas que l’on puisse nous demander cela. C’est une révolution pour nos métiers de marbriers. Depuis toujours, quand on démontait un monument, on le laissait dans un coin du cimetière… »

D'autres marbriers contactés nous expliquent aussi ne pas avoir la place pour stocker ces monuments sans que cela ait un impact sur leur activité. 

Un manque de place important

 "Nous n'avons pas le choix, nous avons besoin de place" explique Marie-Christine Staniec-Wavrant, adjointe au maire en charge des cimetières. "Nous venons de construire deux ossuaires dans les cimetières de Lille-Est et Lille-Sud, nous devons encore augmenter l'espace consacré aux columbariums. Certes, nous avons de grands cimetières mais nous devons être sûrs que, dans les années qui viennent, les lillois pourront être enterrés à Lille"

Aux marbriers et pompes funèbres, elle répond aussi :" ils savent vendre et poser des marbres, je ne comprends pas que ce qu'ils savent faire dans un sens, ils ne puissent le faire dans l'autre...". Sur la question des urnes, elle précise qu'il existe un lieu pour les conserver dans tous les cimetières, les "dépositoires". 

La ville récupère 1 000 tombes par an

Face au manque cruel de places, les services de la mairie sont aussi à l'œuvre, en quête des concessions échues et abandonnées. Tous les ans, près d'un millier de tombes sont récupérées... Pour Marie-Christine Staniec-Wavrant, pas question de faire machine arrière. Si elle assume ne pas avoir reçu les entreprises concernées récemment, elle soutient qu'elles sont informées de ce nouveau règlement de longue date. Simplement, sa mise en œuvre a été retardée par la cyberattaque de la mairie en 2023. 

Sont concernés, les cimetières de Lille, Lommes, Hellemmes. Mais les entreprises de Pompes Funèbres redoutent que d'autres communes suivent le même chemin. 

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