Quaëdypre : la société Tim mise en liquidation, 304 emplois supprimés

L'entreprise Tim à Quaëdypre / © FRANCE 3
L'entreprise Tim à Quaëdypre / © FRANCE 3

C'est officiel. Le fabricant d'engins de chantier basé à Quaëdypre va être liquidé. 

Par EM / MSC / SG avec AFP

Une trentaine de salariés étaient ce mercredi matin au tribunal de commerce de Lille. La décision est tombée. Sans suspense. Tim, c'est fini...

Le tribunal a prononcé la liquidation judiciaire sans poursuite d'activité du fabricant de cabines d'engins de chantier, qui emploie 304 personnes à Quaëdypre (Nord), aucune offre de reprise n'ayant été formulée.

"Beaucoup de tristesse, a réagi un salarié à la sortie du tribunal. 304 familles se retrouvent au chômage à l'approche des fêtes de fin d'année. Tout le monde a mis du sien sauf une personne : M.Filipov. Il va avoir des comptes à rendre !"
 
"304 familles au chomâge à l'approche des fêtes" : Tim à Quaëdypre liquidée
 

L'entreprise, qui connaissait d'importantes difficultés financières, avait été placée en redressement judiciaire fin août. Elle avait déjà échappé une première fois à la liquidation en juillet 2017, avant sa reprise par la société allemande d'engins de chantier Atlas GMBH, contrôlée par l'homme d'affaires bulgare Fil Filipov.

La société Sépode, basée en Normandie, avait un temps envisagé une reprise du site et de l'activité, ainsi que de 40 salariés, mais avait finalement retiré son offre. La reprise de Tim était notamment soumise à des conditions suspensives, environnementales ou sécuritaire. Or, d'après des responsables syndicaux, les conditions de travail étaient "archaïques".
 

"Au bout du rouleau"


Selon une source proche du dossier, le carnet de commandes n'a cessé "de se détériorer dans des proportions sidérantes", de sorte que "la plupart des clients" étaient "partis ou en voie de partir", à l'image du géant américain Caterpillar, principal client. Tim ne "peut plus répondre aux demandes de paiement et les fonds supplémentaires ne sont pas disponibles", avait expliqué aux salariés M. Filipov en août lors du redressement judiciaire.
 
Des salariés de Tim ce mercredi matin au tribunal de commerce / © S.GURAK
Des salariés de Tim ce mercredi matin au tribunal de commerce / © S.GURAK

"Les salariés sont au bout du rouleau. Monsieur Filipov a tout fait pour qu'il n'y ait pas de repreneur", a déclaré Olivier Crespin, délégué CGT. 
"On a un homme d'affaires bulgare multimillionnaire, qui fait partie d'un groupe multimillionnaire, qui veut se débarasser de 300 personnes en faisant payer les indemnités par les AGS", système de garantie des salaires, s'est-il insurgé, affirmant que l'entreprise n'avait "rien remboursé du prêt de 3,5 millions de la région" Hauts-de-France.

Même colère chez Franck Demeester, élu CFDT, mais lecture différente des raisons de cet échec: "Ce qui n'a pas fonctionné, c'est certainement les clients et le manque d'implication des personnes qui avaient fait des promesses. C'est un échec pour tout le monde, parce que tout le monde y croyait, il y a deux ans on pensait rebondir et finir notre carrière chez Tim". 
 

"Incompréhensible"


"C'est incompréhensible, Bercy, et Monsieur Griveaux sont allés chercher quelqu'un, l'ont supplié de reprendre l'entreprise, il a fait le job et derrière on le laisse tomber. On ne comprend pas pourquoi Bercy nous a dit que l'argent était versé, et que derrière l'argent n'est pas arrivé. Donc il y a quelqu'un qui ment", a-t-il encore dénoncé, alors que la secrétaire d'Etat à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher affirmait encore lundi avoir "débloqué" le prêt de 2 millions d'euros promis en 2017. 

"Le sujet, c'est le repreneur qui n'a pas tenu ses engagements", avait-elle appuyé.  Anticipant la décision du tribunal, Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, qui avait apporté un prêt de 3,5 millions d'euros, avait affirmé lundi que ses services travaillaient à "trouver un repreneur et de l'activité après liquidation".

Dix salariés, représentants CGT et FO, ont déposé une plainte contre X le 20 novembre pour escroquerie visant l'opération de reprise menée en 2017.  
En 2017, le tribunal de commerce "avait dit que c'était la société Atlas qui allait reprendre, mais en réalité M. Filipov voulait être personnellement l'acquéreur des parts", avait résumé  l'avocat des salariés, Me David Brouwer, le 22 novembre. "On a découvert dans le cadre d'une expertise comptable que la société Atlas lui a rétrocédé les parts pour un euro symbolique, contre l'avis du tribunal de commerce", avait ajouté l'avocat en annonçant cette plainte.


 

Sur le même sujet

Les + Lus