VIDEO. Hondschoote : des milliers d’étourneaux, en bande organisée, sèment la zizanie

Ils se réunissent pour passer l’hiver. Cette année, des milliers d’entre eux ont élu domicile à Hondschoote (Nord). Toujours présents aujourd’hui, ils sont considérés par certains comme "un fléau" , tandis que d’autres y voient un "spectacle sublime" offert par la nature.

Les milliers d'étourneaux sansonnet dans le ciel d'Hondschoote lors d'une chorégraphie aérienne qu'on appelle murmuration.
Les milliers d'étourneaux sansonnet dans le ciel d'Hondschoote lors d'une chorégraphie aérienne qu'on appelle murmuration. © Emmanuel Quinart / France 3 Hauts-de-France

Dans les années 70, ils se retrouvaient parfois à plusieurs centaines de milliers. Même si les rassemblements ont quelque peu perdus de leur superbe, ils sont toujours très nombreux, regroupés en bande bien organisée. Nous parlons ici des étourneaux sansonnet, ces oiseaux d’une vingtaine de centimètres présents un peu partout sur la planète.

On dit d’eux qu’ils sont grégaires, c’est-à-dire qu’ils vivent en bande pratiquement toute l’année, en dehors des périodes de reproduction. Et les habitants d’Hondschoote, dans le Nord, peuvent en témoigner.

Hondschoote, 4 000 habitants et des milliers d'étourneaux

Dans les derniers jours du mois d’octobre 2020, ils ont débarqué par milliers dans le centre du village de 4000 habitants, situé au cœur de la Flandres.

Rien d’anormal, puisque c’est un phénomène qui a toujours eu lieu dans la région : une fois les mois d’été passés et la période de reproduction terminée, la migration se met en ordre de marche et les oiseaux se regroupent pour passer l’hiver ensemble.

À la nuit tombée, les milliers d'étourneaux sansonnet regagnent les arbres et les haies du centre-ville d'Hondschoote.
À la nuit tombée, les milliers d'étourneaux sansonnet regagnent les arbres et les haies du centre-ville d'Hondschoote. © Emmanuel Quinart / France 3 Hauts-de-France

"Ils se nourrissent dans les champs et les grandes pelouses pour trouver des insectes, explique Thierry Ryckelynck, responsable du groupe ornithologique et naturaliste (GON) du Nord – Pas-de-Calais. Le soir, ils se regroupent en bandes pour passer la nuit dans ce qu’on appelle un dortoir, c’est-à-dire un endroit où ils vont tous se rassembler." Avec un double objectif : se protéger du froid, mais également des prédateurs.

Et il semblerait que les arbres et les haies du centre-ville d’Hondschoote soient un véritable nid douillet. "Vous savez, tant qu’ils trouvent de la nourriture à côté d’un endroit qui leur plait en tant que dortoir, ils peuvent y rester tout l’hiver".

"Ils chantent, si on peut appeler ça comme ça"

De mémoire d’habitant, jamais autant de piafs n’ont été observés à Hondschoote, et pendant si longtemps. "Ils chantent, si on peut appeler ça comme ça, pendant toute la nuit, décrit Hervé Saison, le maire du village. C’est quand même désagréable pour les riverains parce qu’on est en pleine ville." Des nuisances sonores donc, auxquelles il faut ajouter les nuisances olfactives et visuelles : les fientes.

Suite au passage des oiseaux, les voitures sont recouvertes de fientes.
Suite au passage des oiseaux, les voitures sont recouvertes de fientes. © Emmanuel Quinart / France 3 Hauts-de-France

"Dès que je lave les carreaux, le lendemain c’est foutu", rapporte cet habitant, né à Hondschoote, qui n'a jamais vu autant d'oiseaux. Les stigmates de ce "fléau" sont notamment visibles sur sa porte de garage, tachetée par les fientes. Un autre riverain qui passe par là affirme même avoir déjà pris un parapluie alors qu’il ne pleuvait pas, afin d’éviter les déjections des volatiles.

Plusieurs techniques ont été testées pour les faire déguerpir, sans résultat probant. Certains tapent dans leurs mains, tandis que d’autres utilisent des faisceaux laser : lorsque la lumière est orientée vers l’arbre rempli d’oiseaux, tous s’envolent instantanément. Une solution peu efficace. "Au fur et à mesure que le laser fait son effet, ils s’envolent, vont recrier, mettre des fientes un peu partout et revenir, résume le maire. Donc on arrête ce dispositif."

Murmurations aériennes

Même si les plaintes de riverains sur le passage des oiseaux se multiplient, "d’autres trouvent ça superbe, admet le maire, notamment quand les étourneaux font deux espèces de sarabandes dans le ciel." C’est ce qu’on appelle les murmurations.

Murmuration des étourneaux dans le ciel d'Hondschoote.
Murmuration des étourneaux dans le ciel d'Hondschoote. © Emmanuel Quinart / France 3 Hauts-de-France

Ces ballets aériens font partie de la routine de ces oiseaux. Lorsque les étourneaux ont mangé à leur faim dans les champs alentours et que le soleil s’apprête à se coucher, l’un d’entre eux donne le signal : il est temps de rentrer au dortoir. Et c’est Thierry Ryckelynck qui nous raconte la suite. "Ils se regroupent alors, changent de direction pratiquement simultanément, se concentrent en boule, s’étirent… C’est superbe à observer." Après quelques minutes de chorégraphie bien orchestrée, les piafs se reposent et un calme subjectif s’installe.

Dans les toutes prochaines semaines, les étourneaux vont de nouveau quitter Hondschoote pour une toute nouvelle aventure : trouver leur partenaire pour former un couple et débusquer un site propice à l’installation d’un nid. Lorsque l’été se retirera, ils se regrouperont de nouveau pour passer les mois d’hiver, en bande organisée, à Hondschoote ou ailleurs.

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