Flandres : avec la sécheresse et le coronavirus, la filière du lin est mise à mal dans la campagne de Hondschoote

Dans la campagne de Hondschoote dans les Flandres, le cru 2020 de lin s'annonce d'ores et déjà médiocre du fait de la sécheresse qui sévit depuis avril. Les usines de teillage où est transformé le lin se retrouvent avec des invendus du fait de l'épidémie de coronavirus. 

Flandres : avec la sécheresse et le coronavirus, la filière du lin est mise à mal dans la campagne d'Hondschoote
Flandres : avec la sécheresse et le coronavirus, la filière du lin est mise à mal dans la campagne d'Hondschoote © FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS

Derrière le paysage de carte postale des champs de lin en fleur, se cache une triste réalité pour le secteur. Dans la campagne de Hondschoote, dans les Flandres, le cru 2020 s'annonce d'ores et déjà médiocre.
 

Les difficultés de la filière du lin


Pour Arnaud Van Robaeys, qui travaille dans le magasin "le Grenier du lin", la sécheresse est la principale responsable : "Normalement, le lin a besoin de 50 mm de pluie par mois. Mais en avril, on n'a rien eu, en mai, seulement 15 mm et en juin, le temps se stabilise."
 


Mais il est déjà trop tard : "Le lin est en fleur, son cycle va être raccourci. Au lieu de faire un mètre de long, les meilleurs tiges feront 70 cm et les autres entre 30 et 40 cm. Le risque, pour ce champ de lin, c'est qu'il ne soit pas récolté", s'alarme-t-il. 

 

Les usines de teillage en difficulté du fait du confinement 

 

De ces plantes trop petites et légères, peu de fibres pourront en être espérer. Cette mauvaise nouvelle s'ajoute à la pandémie de Covid-19. Si les usines de teillage, où est transformé le lin, peuvent rouvrir, elles se retrouvent avec des invendus. 
 


"Les grands groupes textiles qui vendent de l'habillement dans les chaînes de magasin n'ont pas osé commander la chemise en lin. Ils ne savaient pas quand le confinement prendrait fin et ont eu peur de se retrouver avec cette marchandise sur les bras", regrette Arnaud Van Robaeys.

Face à cette situation, son magasin spécialisé dans le lin s'est mis à fabriquer des masques durant le confinement. En quelques semaines, plus de 3 000 masques ont été écoulés. 
 


"La matière est naturelle, peut-être même plus qu'avec du coton, mais il a fallu faire attention au lin choisi. Il faut de trames bien serrées pour ne rien laisser passer", commente Valérie Van Robaeys. 

Pour la filière du lin, l'éclaircie viendra peut-être de cette récolte moins importante. Elle permettrait d'écouler la production de l'an dernier. 

 

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