Hausse de la CSG : un retraité de Gravelines en appelle à la justice européenne

Jean Pinte a envoyé un courrier début février à la Cour européenne des droits de l'Homme. / © France 3 Nord-Pas-de-Calais
Jean Pinte a envoyé un courrier début février à la Cour européenne des droits de l'Homme. / © France 3 Nord-Pas-de-Calais

Dans un courrier adressé à la Cour européenne des droits de l'Homme, cet ancien salarié de la centrale s'estime "victime de discrimination" avec l'augmentation d'1,7 points de la CSG, entrée en vigueur cette année. 

Par ML

Elle est entrée en vigueur en janvier dernier, provoquant le mécontentement des retraités. La hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) est compensée pour les salariés du secteur privé par la suppression des cotisations chômage et maladie. Mais pour une partie des retraités (60% selon les estimations du gouvernement), ce sont quelques dizaines d'euros en moins chaque mois. Une ponction justifiée, selon les termes de la ministre du Travail Murielle Pénicaud, par la "solidarité intergénérationnelle".



Cet effet à deux vitesses sert d'argument pour un ancien salarié de la centrale de Gravelines (Nord), qui a décidé de porter l'affaire devant la justice européenne. "En allant voir sur le site de la Cour européenne des droits de l'Homme, explique Jean Pinte, je trouve cet article qui dit, dans le texte, qu'il prohibe la discrimination fondée sur n'importe quel critère." C'est l'argument sur lequel le retraité s'est appuyé pour étayer un courrier rédigé début février et adressé à l'institution.



"Même si c'est une action qui reste symbolique, elle aura au moins eu le mérite d'exister", assure Jean Pinte, qui nourrit toutefois des espoirs de réussite. A l'origine isolée, l'initiative a fait des adeptes. Anciens collègues et amis ont eux aussi pris leur stylo. D'après le retraité, une quinzaine de jours après l'envoi de la première lettre, 300 courriers similaires, parfois calqués sur le sien, ont déjà été adressés à Strasbourg.



Jean Pinte parie à présent sur l'effet de masse. "Quelqu'un qui reçoit une lettre ou deux de réclamation, il va dire "ça va", expose-t-il. Maintenant si c'est 500, ce n'est plus la même approche." Via un groupe Facebook, les volontaires s'entraident donc dans leurs démarches, qu'ils espèrent bien mener à leur terme. En cas d'échec, il restera la manifestation : une nouvelle journée de mobilisation est prévue par les syndicats de retraités le 15 mars prochain. 


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