Le cancer colorectal plus meurtrier dans les Hauts-de-France : l’heure est au dépistage

Mars Bleu, le mois national de sensibilisation au cancer colorectal, bat son plein. Le dépistage est conseillé pour les hommes et les femmes à partir de 50 ans. Les Hauts-de-France sont particulièrement touchés par ce cancer meurtrier et pourtant évitable.

Le nombre de nouveaux cas de cancer colorectal est estimé à 3 802 dans les Hauts-de-France en moyenne par an. L’incidence et la mortalité du cancer colorectal dans la région sont les plus élevées de France. Le nombre moyen de décès annuels s’élève à 1 653.

Surmortalité de + 30 % pour les hommes dans le Pas-de-Calais

Des disparités importantes entre territoires existent. Dans le Nord-Pas-de-Calais le taux d’incidence est nettement supérieur à la moyenne nationale : + 12 % pour le Nord et + 14 % dans le Pas-de-Calais. Mais ce qui est plus inquiétant, c’est le taux de surmortalité dans ces deux départements. Pour les hommes +22 % dans le Nord, +30 % dans le Pas-de-Calais. Pour les femmes, + 24 % dans les deux départements.

Le cancer colorectal est le deuxième le plus meurtrier en France. Sournois, ses symptômes peuvent rester imperceptibles durant des années… Le Docteur Olivier Romano, oncologue, explique que souvent la maladie commence par « l’apparition d’un polype, une tumeur bénigne qui va grossir progressivement. Mais qui même au moment du saignement cette tumeur peut rester bénigne et en une dizaine d’années, elle va se transformer en cancer qui là devient une tumeur maligne ».

Pourquoi un dépistage à partir de 50 ans ?

Si ce cancer touche des patients en moyenne âgés de 65 ans, l’Agence Régionale de la Santé insiste sur la nécessité d’un dépistage précoce. Le Docteur Olivier Romano précise : « Le nombre de patients porteurs d’un cancer du côlon est exponentiel après 50 ans et augmente progressivement. Diagnostiquer dès 50 ans permet de repérer les lésions pré-cancéreuses… ou les lésions cancéreuses à un stade très précoce ». 95 % des cancers colorectaux surviennent après 50 ans. 

Mais dans la Région comme ailleurs, le taux de dépistage reste faible, autour de 28 % en 2019-2020.

Comment expliquer cette surmortalité ?

Le mode de vie a un impact sur le risque de survenue du cancer colorectal 

L’alimentation : la consommation fréquente de viandes rouges ou transformées, la faible consommation de fibres alimentaires.

L’alcool et le tabac

La sédentarité et l’obésité

Les antécédents familiaux d’adénome ou de cancer colorectal

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin

Un manque de médecins spécialisés ?

Même si la densité de médecins oncologues et de radiothérapeutes tend à augmenter, les Hauts-de-France restent en manque de ces spécialistes comparativement aux autres régions. La capacité de prise en charge des malades est donc inégale alors même que le territoire est plus frappé par les cancers.

Comment se déroule un dépistage ?

Le dépistage est simple, il suffit de se procurer un kit gratuit. Vous pouvez le demander à votre médecin, en pharmacie (muni de votre carte vitale), ou le commander sur internet (monkit.depistage-colorectal.fr).

Ce test repose sur la détection, dans les selles, de sang non visible à l’œil nu. Il suffit d'effectuer un prélèvement et de le déposer dans le matériel fourni dans le kit.

Les résultats vous sont adressés par courrier. L’Assurance Maladie prend en charge à 100 % ce dépistage..
Alors si vous avez entre 50 et 74 ans, il vous suffit de 2 minutes pour faire le test. Cela pourrait vous sauver la vie. Dans 90 % des cas, le cancer colorectal se soigne, s’il est pris à temps. Se faire dépister, c’est l’éviter.

     

     

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