Lille : François Hollande “regrette” d'avoir été empêché de tenir sa conférence dans la faculté de droit

© BERTRAND GUAY / AFP
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La conférence de l'ancien président, consacrée à la crise de la démocratie, a dû être annulée mardi à cause de l'irruption de centaines d'étudiants.

Par Q.V avec AFP

L'ex-président François Hollande, empêché hier de donner une conférence à l'université de Lille par des manifestants dénonçant la précarité étudiante, "regrette" selon son entourage "que cette émotion se soit transformé en violence", . 
 

"Il y a une émotion légitime après le geste désespéré d'un étudiant à Lyon et le président la comprend. Il est compréhensible que certains étudiants se soient saisis de la venue d'un ancien président pour médiatiser leurs revendications", écrit un proche de l'ex-chef de l'Etat dans un communiqué.

 

Son livre déchiré


L'ex-président n'était pas dans l'amphithéâtre lorsqu'une centaine de personnes l'ont envahi, scandant "Lyon, Lyon, ni oubli, ni pardon", "Hollande assassin !", "la précarité tue, tous responsables". Certains ont déchiré les pages de son livre Répondre à la crise démocratique.
 
Lille : la manifestation contre la précarité étudiante fait irruption dans la faculté de droit

Quatre jours après l'immolation d'un étudiant à Lyon devant le siège du Crous, plusieurs manifestations ont eu lieu en France mardi, dont celle-ci qui a rassemblé quelque 300 à 400 personnes devant le Crous de Lille, avant que ceux-ci ne pénètrent dans la faculté de droit où était prévue la conférence de M. Hollande.
 

Celui-ci "regrette que cette émotion se soit transformée en violence de la part d'une centaine d'individus, ne laissant aucune place au dialogue et empêchant plus de 1.200 étudiants d'échanger avec lui sur la démocratie".

"François Hollande a toujours placé la jeunesse et la justice sociale au coeur de son quinquennat", ajoute la même source, qui rappelle les mesures de M. Hollande à l'Elysée, en faveur des étudiants : "la construction de près des 50.000 logements sociaux, l'augmentation de 30% de l'indemnité minimale de stage, la création de l'aide à la recherche du premier emploi pour accompagner financièrement la période d'insertion professionnelle, la création de trois nouveaux échelons de bourses pour les étudiants issus des classes moyennes et la réévaluation de l'ensemble des bourses".
 

 

D'autres réactions politiques


"Ils forcent les portes d'un amphithéâtre, saccagent des livres et empêchent un ancien président de la République de s'exprimer au sein d'une université", a réagi le ministre de la Culture Franck Riester sur Twitter, ajoutant: "Intolérable entrave à la liberté d'expression et à la liberté de débattre !"
 

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a abondé sur le réseau social: "Empêcher le débat dans une université qui est le lieu même de la controverse libre est une atteinte à nos valeurs communes". 

Selon lui, viser les socialistes sur la précarité étudiante n'est pas pertinent: "Aujourd'hui qui réfléchit sur la pauvreté étudiante ? Les départements socialistes qui souhaitent expérimenter un revenu de base ouvert aux moins de 25 ans contrairement au RSA".
 

L'ancienne porte-parole d'EELV et vice-présidente de l'université de Lille Sandrine Rousseau a aussi qualifié l'événement d'"indigne, injurieux et honteux": "L'université est un lieu de débat et de liberté. Nous entendons bien qu'elle le reste", a-t-elle écrit sur Twitter.
 

Quant au président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan, il a fustigé "la censure gauchiste" alors que François Hollande "doit pouvoir s'exprimer librement".
 

Le député LR du Pas-de-Calais Pierre-Henri Dumont a aussi critiqué "l'extrême-gauche", qui "prive" "de parole un ancien président de la République".
 

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