Stationnement payant à Lille : une voiture dotée de caméras va sillonner les rues et verbaliser automatiquement

Cette voiture de la mairie de Lille, équipée de quatre caméras, va sillonner les rues et identifier les véhicules dont le stationnement n'a pas été payé. / © DR
Cette voiture de la mairie de Lille, équipée de quatre caméras, va sillonner les rues et identifier les véhicules dont le stationnement n'a pas été payé. / © DR

La mairie de Lille a présenté mercredi 17 octobre un nouveau dispositif de verbalisation des véhicules dont le stationnement n'a pas été réglé. Une voiture, dotée de caméras, va permettre de générer des amendes automatiquement. 

Par TM

Quatre caméras juchées sur le toit sur le toit d'une citadine de la ville de Lille vont très prochainement faire le malheur des automobilistes qui n'auront pas payé leur stationnement, où dont la durée réglée a été dépassée. 

C'est le nouveau dispositif de "lecture automatique des plaques d’immatriculation" (LAPI), qui a été présenté mercredi 16 octobre, et qui doit être mis en service "courant novembre", le temps de former les agents dédiés à cette nouvelle mission.
 
Les caméras se trouvent sur le toit de la voiture, orientées vers les deux côtés de la rue. / © DR
Les caméras se trouvent sur le toit de la voiture, orientées vers les deux côtés de la rue. / © DR


Toutes les voitures dans le viseur


A une vitesse de 20 à 30 km/h, le "véhicule LAPI" va sillonner les rues de la capitale des Flandres, qui comprend environ 10.000 places payantes, et "scanner automatiquement la plaque d’immatriculation de chaque véhicule stationné sur un emplacement payant et prend simultanément une photo géo-localisée", explique la mairie. Et ce, de chaque côté de la chaussée.

A bord du LAPI, un ordinateur transmet toutes les informations à un serveur géré par un agent "assermenté", qui peut vérifier si les véhicules analysés sont bien en règle avec leur stationnement payant. 
 
L'ordinateur à bord du véhicule LAPI de la mairie de Lille. / © DR
L'ordinateur à bord du véhicule LAPI de la mairie de Lille. / © DR


Des secteurs particulièrement ciblés


"Le but de ce dispositif est de favoriser la rotation des véhicules dans les zones commerçantes", justifie Jacques Richir, adjoint au maire de Lille en charge de la politique de stationnement. "Une rue comme la rue Gambetta, on a estimé en moyenne que 20% seulement des gens s’acquittaient du stationnement payant. Ca peut être un élément très important pour le commerce. Aujourd’hui on y trouve difficilement de la place, parce que des voitures restent toute la journée", explique-t-il. 

Ainsi, la rue Gambetta, donc, mais également les rues du centre-ville et du vieux-lille, Vauban, la rue Pierre Legrand à Fives ou encore le quartier Euratechnologies devraient être particulièrement contrôlés par la voiture LAPI, qui ne boudera pas pour autant le reste des secteurs payants.
© VILLE DE LILLE
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Jackpot ?


Cette nouvelle arme imparable rapportera-t-elle beaucoup d'argent ? "Le but n’est pas de faire de la verbalisation, mais que les gens s’acquittent", répond M. Richir, qui reconnaît que le nouveau dispositif aura un impact sur l'amélioration de la recette liée au stationnement, qui est aujourd'hui d'environ 9 millions d'euros par an pour la ville de Lille. 

Les services de la mairie erstiment qu'au bout d'un an, 4 à 5 millions supplémentaires pourraient arriver dans les caisses de la municipalité, issus des 50% de paiements à l'horodateur escomptés. 

Ces recettes n'ont rien à voir avec l'argent perçu par les amendes de 17 euros (aujourdhui appellées FPS - Forfaits post-stationnement), qui sont toutes reversées à la MEL pour le financement des transports en commun. En 2018, 175.000 PV de stationnement ont été dressés à Lille, 135.000 entre janvier et fin septembre 2019.


Plus d'agents à pied


Le temps des agents à pied est donc bientôt révolu à Lille. Dès la mise en place du dispositif LAPI courant novembre, qui mobilise 5 à 6 fonctionnaires, les autres personnels dédiés à la surveillance du stationnement circuleront à vélo dans la ville, pour "se concentrer uniquement sur les stationnement gênants et dangereux : trottoirs, pistes cyclables, places handicapés, zones de livraison", détaille M. Richir, qui précise que pour ces infractions, toutes les recettes vont à l'Etat. 
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Le dispositif technique LAPI a eut un coût de 70 000 euros à l'achat, avec des frais de maintenance annuels estimés à "15-20.000 euros". Il pourra désormais à lui-seul contrôler en moyenne 1000 à 1200 véhicules par heure, voire jusqu'à 1500. Un "assez faible investissement à effectifs constants", se réjouit Jacques Richir.
 

Confidentialité

"Lorsque le dispositif LAPI constate que le véhicule contrôlé possède un ticket en cours de validité correspondant à la zone de stationnement, ses données sont immédiatement supprimées du système, conformément à la règlementation sur la protection des données à caractère personnel.

Par contre, si le véhicule ne possède aucun ticket, que celui-ci n’est plus valide ou qu’il ne correspond pas à la zone de stationnement, les données* sont alors vérifiées par un ASVP, qui valide ou rejette la proposition de forfait de post-stationnement (FPS).

*Conservation des données pendant 3 ans en cas de FPS, conformément à l’article R.2333-120-7 du code général des collectivités territoriales. Les numéros d’immatriculation sont conservés de manière cryptée", précise la ville de Lille.

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