Pauvreté. À Haubourdin, Angélique vit avec 558 euros par mois : “C'est un cercle sans fin !”

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Le gouvernement a annoncé hier le nouveau Plan pauvreté.

Par Q.V avec Corinne Péhau

À première vue, le frigo d'Angélique paraît plein. Au premier coup d'œil seulement. "Il est absolument pas organisé parce qu'au moins, j'ai l'impression qu'il est plein" confie la jeune mère de famille. "Si je le range, j'ai que deux étages. C'est psychologique !"

 

Sans le Secours populaire ni Emmaüs, non, je ne mange pas


Voilà trois ans qu'elle s'est séparée de son compagnon et qu'elle doit élever, seule et sans-emploi, ses deux enfants. Elle doit vivre avec 558 euros par mois alors que le coût du loyer, de l'assurance, de l'électricité et du téléphone dépasse les 600 euros. "Sans le Secours populaire ni Emmaüs, non, je ne mange pas."
 

Elle dort très peu, hantée par les problèmes d'argent. "On y pense constamment, la case rouge est tout le temps allumée et en alerte" glisse-t-elle. "Le téléphone qui sonne, on sait pas ce que c'est, la sonnette qui sonne, on sait pas qui c'est." Toujours, la crainte de l'huissier.
 
Pauvreté : Angélique vit avec 558 euros par mois : "C'est un cercle sans fin"

 

On vend des affaires. On vend ses meubles, on trouve des systèmes D, on tourne en rond !


Angélique ne sort presque jamais de chez elle, ne s'offre aucun petit plaisir. Pour échapper à la spirale de l'endettement, "on demande de l'aide à droite à gauche, et puis la dette repart pour le mois prochain puisqu'il faut rembourser ce qu'on nous a prêté. C'est un cercle sans fin ! On se débrouille on vend des affaires. On vend ses meubles, on trouve des systèmes D, on tourne en rond !"
 

 

On n'a pas voulu être là ! On n'est pas fiers d'en être là


Pôle Emploi lui a proposé deux formations, l'une pour devenir agricultrice et une autre dans le bâtiment. Passionnée de mode et rêvant de devenir vendeuse dans un magasin de vêtements, elle a refusé ces deux offres.
 

"Garder la tête haute"


"Physiquement, je tiens le coup. Psychologiquement, je suis épuisée et en même temps l'épuisement me donne une niaque de ouf" confie-t-elle, "parce que j'ai à cœur de montrer à tous ces gens qui pensent que parce qu'on est au RSA ou qu'on bénéficie des secours alimentaires qu'on est rien, qu'on est en-dessous du dessous... que non !"

"On n'a pas voulu être là ! On n'est pas fiers d'en être là non plus, mais en tout cas leur montrer qu'on a aussi des choses à dire et des choses à défendre" revendique Angélique. "Et il faut tenir le cap. C'est dur, mais il faut tenir, il faut garder la tête haute."

Emmanuel Macron a annoncé jeudi le nouveau plan Pauvreté, qui englobe notamment un projet de revenu universel.
 

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