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Reportage sur le bar “La Citadelle” à Lille : trois Identitaires renvoyés devant le tribunal correctionnel

Les prévenus sont poursuivis pour violences aggravées, pour avoir frappé une jeune fille dans la rue Massena à Lille. Séquence filmée en caméra cachée dans le documentaire "Generation Hate" diffusé sur Al-Jazeera. / © Capture "Generation Hate" - Al Jazeera
Les prévenus sont poursuivis pour violences aggravées, pour avoir frappé une jeune fille dans la rue Massena à Lille. Séquence filmée en caméra cachée dans le documentaire "Generation Hate" diffusé sur Al-Jazeera. / © Capture "Generation Hate" - Al Jazeera

Trois des quatre membres de la mouvance identitaire lilloise placés mardi en garde à vue, suite à la diffusion en décembre d'un reportage sur le bar "La Citadelle" à Lille, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel pour "violences aggravées".

Par TM

Trois individus, membres de la mouvance identitaire lilloise, "ont été déférés au parquet ce jour sur les faits de violences qui apparaissaient dans le reportage", apprend-on ce mercredi 30 janvier auprès des services du procureur de la république de Lille. Ils devront répondre de faits de "violences aggravées" le 10 mai prochain devant le tribunal correctionnel.

Dans le cadre de cette enquête ouverte par le parquet à la mi-décembre, quatre personnes avaient été placées mardi en garde à vue dans les locaux de la sûreté urbaine de Lille. "Le quatrième individu a été libéré à l'issue de sa garde à vue, sa responsabilité n’ayant pu être retenue", précise le parquet.
 

"Meuf ou pas meuf, c’est des reubeus"


Les faits ici reprochés à ces trois individus ont été filmés à leur insu et diffusés le 12 décembre 2018 dans la première partie du documentaire "Generation Hate", sur la chaîne Al-Jazeera. Il s'agit d'une séquence tournée rue Massena à Lille (appelée "rue de la Soif"), dans laquelle un groupe d'hommes, dont les visages n'ont pas été floutés, agressent une jeune femme d'origine maghrébine à la sortie d'un bar.

"Dégage bougnoule va !", lui lancent-ils, avant de l'asperger de gaz lacrymogène. Puis l’un d’entre eux, paré de gants renforcés, frappe à coups de poing la jeune femme sur le crâne, devant tout le monde, et notamment un agent de sécurité qui n’intervient pas.

L’auteur principal de l’agression, présenté dans le documentaire comme un proche d’Aurélien Verhassel, le patron du bar privé La Citadelle (non poursuivi), se vante de ses actes : "Je lui ai mis une de ces droites ! Rien à foutre… meuf ou pas meuf, c’est des reubeus…. Une grosse choumette dans sa gueule. Elle a dû bien le sentir". Il fait partie des trois hommes convoqués en mai devant le tribunal.

Selon M. Verhassel, ces individus "ne sont pas des Identitaires".

Ils ont été "laissés libre et placés sous contrôle judiciaire, comprenant notamment l'interdiction de paraître rue Masséna , de rencontrer la victime et de fréquenter les coauteurs ou complices", précise le parquet.

 


"Apologie du terrorisme et incitation à la haine"
 

D'autres faits constatés dans "Generation Hate" pourraient être reprochés à ces individus, qu'on voit dans le film faire le salut nazi en s'exclamant "Heil Hitler ! Troisième Reich !", ou encore si dire capable de commettre un attentat à la voiture-bélier, "comme le font les djihadistes" en plein Wazemmes, quartier populaire de Lille. "Le jour où je sais que j’ai une maladie incurable, mec… je m’achète une arme et je fais un carnage. Je me dis quitte à mourir de ma maladie, autant me faire fusiller par les flics (…) Une mosquée n’importe quoi… Même voiture bélier, je prends n’importe quoi", dit l'un des trois individus déjà poursuivis pour "violences aggravées". "Maman tu ne vas pas au marché de Wazemmes, c’est moi qui y vais. Je vais là-bas, je te fais un carnage. Charlie Hebdo à côté, c’est de la pisse de chien ! Marché de Wazemmes, c’est là où il y a tous les « gnoules » de Lille qui y vont", ajoute-t-il, alors filmé dans l'arrière-cour du bar La Citadelle.

"L'enquête se poursuit par ailleurs sur -ces- autres faits", indique le parquet de Lille. Qui pourraient relever de l'apologie du terrorisme et d'incitation à la haine.



 

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