Lille : militants antipub et écologistes prennent pour cible 115 panneaux publicitaires pour alerter sur l'environnement

Ils ont profité de l'affluence massive de touristes pour Eldorado pour diffuser leur message.

© JH
Un panneau annonçant la parade d'Eldorado estampillée d'un "Bienvenue dans la ville la plus polluée de France ", ou encore l'exposition "Homère" du Louvre-Lens accompagnée d'un "Deuxième ville la plus polluée de France"... voilà, collés à l'intérieur de 115 panneaux publicitaires, le genre de messages que pouvaient voir samedi les touristes venus profiter de la parade d'Eldorado. 

 

La qualité de l'air pointée du doigt

Paris, Lyon ou Marseille ne sont pas moins polluées que Lille, mais la succession des pics de pollution et l'entrée en vigueur – par trois fois déjà – de la vignette Crit'Air ne jouent pas en faveur de la Capitale des Flandres. Certains messages renvoyaient également aux chiffres de Santé Publique France, selon lesquels 1700 décès prématurés seraient dûs chaque année à la pollution de l'air.
 
L'action a été revendiquée samedi soir par un collectif de cinq groupes locaux, tant antipub qu'écologistes : ANV-COP21, Extinction Rebellion, Les Déboulonneurs, Résistance à l'Agression Publicitaire et Youth for Climate. "L'idée était de rassembler des groupes sur la thématique du climat" souligne Jonas Heriteau, d'ANV-COP21.
 
ACTION ANTIPUB - 115 panneaux pour le lancement d'ElDorado

"C'est du réseau, on se côtoie plus ou moins" explique-t-il. "On a déjà fait des actions avec "Résister à l'Agression Publicitaire". Plus récemment, on a participé au blocage de la République des pollueurs".
 
Cette "action de désobéissance civile" a rassemblé une cinquantaine de personnes, vendredi soir. Même s'il ne s'agissait "que" de déboulonner les panneaux pour coller une affiche et y éteindre l'éclairage, "c'est déjà illégal en soi" reconnaît Jonas Heriteau.
 
D'ailleurs, "vendredi soir, il  y a eu un contrôle d'identité" de la part de la police, mais qui n'a pas conduit à une interpellation. D'une manière générale, "il n'y a jamais eu de procès" pour les militants antipub.

 

"La métropole étouffe"

L'action menée vendredi est en tout cas très politique. "Nos messages sont clairs : la métropole étouffe", peut-on lire dans le communiqué commun. Le projet de transformation de la friche Saint-Sauveur, la baisse de 10% de la dotation aux transports publics et l'augmentation du prix des tickets sont cités en exemple et les associations estiment que "cette ville n'est pas verte et ne mérite, à notre grand regret, aucun autre titre que celui de capitale du béton."

Ils militent notamment pour les transports en commun gratuits pendant les pics de pollution. "Transports GRATUITS. Dunkerque l'a fait !" pouvait-on notamment lire sur un panneau.

D'une manière générale, de nombreux messages collés dans les affiches publicitares vendredi soir dénonçaient la société de consommation, à l'image du mot "Achète" associé à une publicité pour un magasin McDonald's
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
environnement société
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter