Les représentants de 55 villes du réseau Eurocities à Lille pour un forum sur une culture décarbonée et inclusive

Publié le
Écrit par Emmanuel Pall .

150 participants de 55 villes de 19 pays européens sont réunis jusque ce soir pour partager leurs expériences à l'heure des défis climatiques qui se présentent. La ville de Lille en profite pour lancer un appel à agir pour une culture durable et plus inclusive. Le secteur de la culture représenterait tout de même "4% des émissions de gaz à effet de serre". Le point avec Marie-Pierre Bresson, adjointe à la culture et au tourisme.

Le réseau Eurocities, créé en 1986, rassemble aujourd'hui plus de 200 villes européennes (38 pays) et a pour vocation de créer des liens, des synergies, en matière de bonnes pratiques pour "assurer une bonne qualité de vie pour tous". La dernière réunion sur le thème de la culture, avait eu lieu, il y a deux ans, en visio-conférence, pour cause de Covid-19. Ce sont donc des retrouvailles qui se font, à Lille, depuis jeudi soir entre les différentes délégations européennes. Trois questions à Marie-Pierre Bresson, élue à la culture et au tourisme, alors qu'Utopia de Lille 3000, se termine. 

  • Pourquoi ce forum Eurocities à Lille ? 

"C'est une mise en commun des bonnes pratiques en matière de culture avec un "appel à agir de Lille" en faveur d'une culture décarbonée et inclusive (1). Les villes jumelles de Lille sont présentes, Leeds (Angleterre) qui va maintenir son année culturelle en 2023 (2), Wrowclaw (Pologne), Esch-sur-Alzette (Luxembourg), mais aussi de nombreuses autres villes européennes. L'idée, c'est que la culture, comme d'autre secteurs, soit au coeur de l'enjeu climatique qui nous attend."



  • Les événements culturels ont-ils un fort impact carbone ?

"Ce domaine de la culture représente 4% des émissions de gaz à effet de serre, comme le transport aérien, comme le numérique. C'est une faible proportion, mais il faut agir dessus. Du coup, plusieurs actions ont déjà été mises en place à Lille. La salle de concert Aéronef s'est rendue compte en réalisant son bilan carbone que 60% de ses émissions de gaz à effet de serre étaient largement liée aux déplacements. Du coup, elle a mis en place un portail pour proposer des déplacements aux concerts en groupe, en métro, en vélo ou à pieds, car c'est, pour une large part des spectateurs, le sentiment d'insécurité qui les fait se déplacer en voiture. En avançant de 30 minutes ses concerts, cela permet aussi aux spectateurs de repartir avec le dernier métro. L'opéra de Lille a donné 30 tonnes de costumes et de décors à des associations, participant ainsi à une économie circulaire. En juin dernier, le festival des paradis artificiels s'est tenu avec un maximum de déplacements en métro. La façon dont nous avons réhabilité des friches en maisons folies, pour Lille 2004, capitale européenne de la culture, nous sert également d'expérience. L'isolation des bâtiments culturels, les panneaux photovoltaïques sont également au coeur du sujet". 

  • Maintenant le but c'est de diffuser les bonnes pratiques, qu'elles viennent de Barcelone, Prague ou Valladolid ?  

"Oui. Le Giec nous commande d'agir, il faut que la façon dont nous agissons soit systémique. Si les villes s'y mettent, si on atteint une masse critique, on va avoir un effet. La culture avec ce qu'elle dit, son message, et comment elle le fait, compte tout autant. C'est le caractère prescripteur de la culture, avec tout ce qu'elle peut nous raconter. Nous avons une responsabilité et l'échelle européenne est une bonne échelle. Avec un impact."

(1) L'appel à agir de Lille. 

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(2) Normalement capitale européenne de la culture en 2023, Leeds ne peut pas l'être en raison du Brexit. La ville compte bien tout de même maintenir ses festivités. 

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