A Lille, les conditions de vie précaires des Roms du camp de la Citadelle

Entre logements insalubres et expulsions régulières, les Roms peinent à s'intégrer dans la métropole lilloise. Malgré les fonds débloqués par l'Etat, le chemin est encore long selon les associations.

A Lille, une centaine de personnes vit dans un camp de fortune près de la Citadelle.
A Lille, une centaine de personnes vit dans un camp de fortune près de la Citadelle. © FLORENT MOREAU/MAXPPP
A quelques centaines de mètres de la Citadelle de Lille, un camp de Rroms s'est implanté au milieu de routes très fréquentées. Pour y accéder, pas de passage piéton, donc les occupants doivent se frayer un chemin au milieu du trafic. Et à l'intérieur, les conditions de vie sont plus que précaires.

Dans ce bidonville composé de vieilles caravanes et d'abris de fortune, une centaine de personnes tente de trouver des parades aux problèmes d'insalubrité quotidiens. "Nous devons ramener l'eau du canal pour nous laver, laver nos habits, pour tout ça...", témoigne Alin Avram, 28 ans.
 
L'année dernière, l'Etat a versé plus de 2 millions d'euros pour reloger certaines personnes et lancer des programmes d'insertion. Des dispositifs qui ont du mal à porter leurs fruits. "Aujourd'hui, pour vivre, je fais la manche parce que je cherche du boulot mais je n'en trouve pas comme ça. Je ne parle pas français donc je ne peux pas avoir de travail tout de suite", ajoute Emanuel Dobrea qui vit également dans ce camp.
 
A Lille, les conditions de vie précaires des Roms du camp de la Citadelle
>> Matthieu Rappez et Emmanuel Quinart

 

Fragile intégration


Selon la préfecture, il existe actuellement 57 campements illicites dans la métropole lilloise où vivent 1 200 personnes. En 2013, elles étaient 3 000. Un recul dont se félicite l'Etat qui n'hésite pas à procéder à des expulsions lorsque les camps sont jugés trop grands.

La dernière remonte à août, près de la gare Lille Europe. Une politique inefficace selon Dominique Plancke du Collectif solidarités Roms. Il souligne qu'il y a 101 enfants roms scolarisés à Lille, et 80 qui ne vont pas à l'école. Et les démantèlements n'arrangent rien.
 
"Les expulsions à répétition retardent la scolarisation, retardent l'insertion des enfants. Déjà pour les parents c'est compliqué, mais là on crée toute une classe d'âge qui va avoir du mal à s'intégrer", assure-t-il.

Les associations et l'Etat s'accordent à penser que la solution viendra si toutes les communes de la métropole acceptent de scolariser des enfants dans leurs écoles.

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
roms société