Lille : décès de Pierre Dhénin, promoteur de la biodiversité qui "a changé la face de la métropole"

Initiateur de plusieurs parcs dans la métropole, à l'origine de l'éléphant de la mémoire pour le bicentenaire de la Révolution française et de la ferme pédagogique de Lille, Pierre Dhénin était une figure de la vie locale. Il est décédé à l'âge de 69 ans.

Pierre Dhénin, au parc Mosaïc, en août 2020
Pierre Dhénin, au parc Mosaïc, en août 2020 © Alexandre Lépinay / France Télévisions

Pierre Dhénin, ami des animaux et figure de la promotion de la biodiversité à Lille, est décédé à l'âge de 69 ans. Ancien journaliste à Nord Matin, membre de la 47e promotion de l'école supérieure de journalisme de Lille (ESJ), il développe très vite une passion pour les bêtes, aidé par son père, Marcel Dhénin, organisateur du salon agricole Animavia. Ensemble ils fondent la ferme pédagogique de Lille à Euralille pour faire connaître aux enfants du béton les animaux de la ferme. Un atavisme qui fait dire à Slimane Tir, ancien vice-président de la communauté urbaine, que Pierre Dhénin "avait le syndrôme d'Obélix : il était tombé familialement dans la marmite".

"Lorsqu'il était enfant, il élevait des animaux chez lui que l'on voyait très peu à l'époque comme des rongeurs et des reptiles", se souvient son ami de longue date Pascal Piercq, ancien journaliste à Nord Eclair, et avec qui il a partagé de nombreux reportages, dont certains à l'étranger. "Il lisait les événements mondiaux par le prisme des animaux. En 1989, lors de la chute du mur de Berlin, il s'inquiétait du devenir des animaux du zoo de Berlin-Est", témoigne son ami qui décrit une personne attachante, enthousiaste et proche des gens.

Président de la maison de la nature et de l'environnement

Rapidement il quitte le journalisme pour la communication du département et crée le journal de la collectivité locale, un type de publication encore rare à ce moment-là. Très actif dans le monde associatif, il a présidé la maison de la nature et de l'environnement pendant plusieurs années. 

Astucieux, c'est lui qui décide selon Pascal Piercq, pour le bicentenaire de la Révolution française, de la construction d'un éléphant de la mémoire, une référence à l'éléphant de la Bastille, fontaine napoléonienne jamais véritablement terminée, à laquelle fait référence Victor Hugo dans les Misérables. L'animal transformé en salle de cinéma fit le tour du département et fut exposé jusqu'au jardin de la Bastille à Paris.

Son objectif, multiplier par cinq la surface des espaces verts lillois

Cet animateur de la vie locale est ensuite recruté par la métropole pour verdir les villes qui la composent, essentiellement minérales et jonchées de friches industrielles polluantes. "A l'époque, les décideurs souhaitaient plutôt la construction de logements et de bureaux. Mais Pierre a réussi à les convaincre de la nécessité d'une trame verte, un réseau d'espaces et d'itinéraires verts qui ceinturerait la ville", explique Pascal Piercq.

A la tête d'une nouvelle entité de la métropole, l'Espace Naturel Lille Métropole, en 2002, Pierre Dhénin a pour ambition de multiplier par cinq la surface des espaces verts lillois. "À l'époque, on compte 15m2 d'espace naturel public par habitant à Lille, contre 28m2 à Bruxelles, qui n'est pourtant pas connue pour ses espaces verts, ou 60m2 à Cologne", expliquait-il en 2012 lors d'un entretien avec le site Sortir dans les Hauts-de-France. Slimane Tir, qui a travaillé avec lui sur ce projet rappelle "qu'à l'époque il y avait tout à construire. Pierre était un collaborateur créatif et efficace. C'était un homme de terrain et tout terrain".

Martine Aubry, la maire de Lille, lui a rendu hommage par le biais d'un communiqué. "Pierre Dhénin a accompagné, d’abord auprès de Pierre Mauroy puis à mes côtés, la politique de la MEL en faveur du développement de la nature, œuvrant pour la stratégie de verdissement de la métropole". Dans le sillage de cette stratégie, sortent de terre plusieurs parcs dont notamment celui de la Deûle, lauréat en 2007 du prix du paysage et, en 2009, du prix du paysage du Conseil de l'Europe.

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Aussi la création du jardin des Géants, construit sur un ancien parking, désormais enterré et la transformation en zone humide de la friche PCUK à Wattrelos sont également à mettre à son actif. "Il a changé la face de la métropole", estime son ami journaliste. 

Les funérailles auront lieu le samedi 3 avril à 9h30 à l'église catholique Saint-Calixte de Lambersart.

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