A Lille, plusieurs centaines de "gilets jaunes" débattent puis manifestent dans le centre-ville

Publié le Mis à jour le
Écrit par M.D.

Après les motards en colère, c'est au tour des "gilets jaunes" de défiler dans le centre-ville de Lille. Deux cortèges (qui devaient défiler séparément) sont partis ensemble de la place de la République. Quelques débordements ont éclaté vers la rue Nationale.

Les "gilets jaunes" récidivent à Lille pour la quatorzième semaine de suite, ce samedi 16 février. Mais il y a une nouveauté : il n'y a pas un, mais deux cortèges réunissant au total plusieurs centaines de manifestants dans le centre-ville, ils étaient autour d'un millier selon le journaliste de l'AFP. Les deux regroupements ont finalement suivi un parcours similaire.

Pourquoi cette scission ? Certains manifestants n'approuvaient pas que l'itinéraire du cortège soit déclaré en préfecture, comme c'était le cas les samedis précédents. Un second regroupement s'est donc formé avec un itinéraire qui n'a pas été signalé aux autorités.

Le premier cortège (officiel) est parti à 14h30 de la place de la République. Sur une publication Facebook citée par La Voix du Nord, un des porte-parole lillois du mouvement, Brandao Lionel Paulo, indiquait : "Ne pas déclarer un parcours officiel, pour au moins les handicapés, les familles, les streetmedic, les retraités, est de l’inconscience (…) J’ai demandé à l’équipe d’Alexandre Chantry de pouvoir moi-même déclarer le parcours officiel".
 
Les deux cortèges se sont finalement retrouvés en début d'après-midi à République. Certains manifestants qui n'approuvaient pas l'itinéraire déclaré étaient présents sur la place dès midi pour discuter et échanger, sur le modèle du grand débat.

Ils ont d'abord remonté la rue du Molinel puis pris la rue Faid'herbe jusqu'à la Grand-Place avant de redescendre la rue Nationale jusqu'à Wazemmes où ils se trouvent actuellement. Ils doivent retourner, en fin de manifestation, sur la place de la République.

 

Quelques débordements


Ce samedi, le départ du cortège a été retardé en raison de la manifestation des motards en colère qui passait également par le centre-ville. Un millier de personnes s'est mobilisé contre le rabaissement de la vitesse sur le périphérique à 70 km/h.

Quelques heurts ont éclaté rue Solférino, indiquent plusieurs sources présentes dans le cortège. Les forces de l'ordre auraient fait usage de gaz lacrymogènes pour éloigner certains manifestants qui voulaient s'écarter du parcours déclaré en préfecture.
 
Dans le cortège, Florian et Massimo sont venus de Liège en Belgique pour manifester aux côtés des "gilets jaunes". "A Bruxelles, ça ne bouge pas, alors qu'ici, on voit que le mouvement a pris de l'ampleur, c'est intéressant de voir le peuple qui se réveille, explique l'informaticien de 26 ans. Nous manifestons principalement pour le RIC qui est quelque chose de fondamental pour toute démocratie, en espérant que ça arrive en France et que ça déteigne sur la Belgique".

Les députés Adrien Quatennens et Ugo Bernalicis étaient également présents. Samedi 9 février, la manifestation avait réuni près de 1 200 personnes et quelques incidents avaient éclaté, nécessitant l'intervention des forces de l'ordre.
 
Et comme les semaines passées, les revendications restent la demande d'un Référendum d'initiative citoyenne (RIC), plus de pouvoir d'achat, la démission d'Emmanuel Macron... "Politicards tous des tocards, un smigard au pouvoir", "Smig à 1.850 net", "Justice fiscale, justice sociale", pouvait-on lire sur des banderoles et des pancartes.

"Vivre et pas survivre", "Frexit", "Nous ne sommes pas des moutons", "Peuple français, réveillez-vous", était-il aussi écrit au feutre noir au dos de gilets de manifestants. "C'est un ras-le-bol général, nous voulons que les gens puissent vivre dignement, ce n'est pas normal que certains, malgré leur travail, n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois", affirme Gaëlle, 24 ans.