Le doyen de la faculté l'a annoncé sur le compte Twitter de la faculté de médecine : le diplôme d'homéopathie va être suspendu pour l'année scolaire à venir "dans l’attente de la position de la haute autorité de la santé et d’échanges nationaux sur l’encadrement de cette pratique et de son enseignement".
 

Les pratiques liées à l'homéopathie sont effectivement décriées par certains médecins depuis quelques mois. Pourquoi cette polémique ? Sur quoi est-elle fondée ? On vous éclaire si vous n'avez rien suivi.

 

Une tribune contre les "Fake Med"


Près de 124 praticiens ont signé une tribune dans le Figaro Vox pour appeler à bannir les médecines alternatives du champ médical. Ses rédacteurs les jugent "dangereuses", "fantaisistes" et rappellent leur absence de fondement scientifique.

"L'homéopathie, comme les autres “médecines alternatives”, n'est en rien scientifique. Ces pratiques sont basées sur des croyances promettant une guérison miraculeuse et sans risques", déplorent les signataires dans cette tribune. Ils font également référence au coût de cette pratique.
 

"Des formations sont assurées dans des structures recevant de l'argent public. Des consultations sont ouvertes dans des hôpitaux, aux dépens d'autres services. Certains de ces traitements sont pris en charge par l'Assurance-maladie, largement déficitaire. Ainsi, les produits homéopathiques peuvent être remboursés à 30 % (et jusqu'à 90 % en Alsace-Moselle) avec un statut dérogatoire les dispensant de prouver leur efficacité", énumèrent les praticiens.

Ces professionnels de la santé proposaient ainsi d'interdire aux médecins qui promeuvent ces pratiques de se présenter comme tels et de faire cesser la reconnaissance de certains diplômes. Le site FakeMed a été lancé. Les praticiens y expliquent leur combat et font le point sur son avancée.

 

Une plainte des homéopathes


Les médecins homéopathes ont déposé des plaintes devant l’Ordre des médecins contre les signataires de la tribune. L’Union collégiale, un syndicat minoritaire de médecins, juge notamment la tribune "insultante et anti-confraternelle", rapporte Le Quotidien du médecin.

En riposte, plusieurs médecins signataires de la tribune ont posté sur Twitter des photos du courrier qu’ils ont reçu de l’Ordre des médecins les invitant à des réunions de conciliation.

Un médecin généraliste dans le Nord explique : "Il n’y a rien qui me révulse le plus, me prend aux tripes et me pousse à agir que le mensonge et l’ignorance. Les #FakeMed se contrefichent de la science, fonctionnent soit sur la base de la malhonnêteté ou se vautrent dans l’ignorance. C’est pour ça que j’ai signé, ça m’a pris aux tripes."
 

 

Comment le débat va-t-il être tranché ?


Des réunions de conciliation vont se succéder de septembre à octobre devant les conseils départementaux de l’Ordre, un peu partout en France. Le collectif Fake Medecine a notamment annoncé qu’il s’était constitué en association.

Et comme le précise la faculté de médecine de Lille dans son tweet, la Haute autorité de santé (HAS) sera amenée à se positionner. Le ministère de la Santé l’a saisie pour "recueillir l’avis de la commission de transparence quant au bien-fondé des conditions de prise en charge et du remboursement des médicaments homéopathiques", est-il écrit dans la lettre de saisine dont l’Agence France presse a obtenu une copie.

Verdict attendu d'ici la fin février 2019. L'un des éléments qui permettra à l'Université de Lille de décider ou non de conserver son diplôme d'homéopathie.