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Á Lille, “Un chez soi d’abord” : après la rue, se relever grâce au logement

Avec "Un chez soi d'abord" des personnes sans domicile fixe atteintes de troubles psychiques retrouvent un logement / © DR
Avec "Un chez soi d'abord" des personnes sans domicile fixe atteintes de troubles psychiques retrouvent un logement / © DR

Le programme "Un chez soi d’abord" accompagne les personnes sans domicile fixe atteintes de maladies psychiques dites sévères. L’idée ? Leur fournir un logement pour qu’ils/elles puissent se stabiliser et retrouver leur place dans la société.
 

Par E.C

"Je leur dois la vie pour ainsi dire" résume Robert à propos de "Un chez soi d'abord". Robert, 62 ans habite dans l’agglomération lilloise depuis 2012. Avant d’avoir son appartement, il vivait dans la rue. Deux ans à faire la manche, dans le froid, souvent dans l’insécurité, tout en tentant de continuer à prendre son traitement. Schizophrène paranoïaque, Robert a des visions depuis l’âge de 26 ans.

Lorsque l'équipe du programme "Un chez soi d’abord" le contacte, il vient d’être opéré à cœur ouvert. "C’était eux, ou c’était la rue, ou encore l’hôpital psychiatrique."
 

Un programme pour sortir de la rue et de la maladie


"Un chez soi d’abord" propose un logement aux personnes sans-abris atteintes de maladies psychiques graves, dans un délai de huit semaines dès leur acceptation dans le programme. Condition sine qua non : payer son loyer et fournir une attestation d’assurance locative. Ici pas question d’effacer la responsabilité de chacun, ni d’infantilisation car les futurs locataires choisissent où ils veulent vivre. Les logements proviennent du parc privé.
 
À Lille, le programme "Un chez soi d'abord" accompagne les SDF porteurs de troubles psychiques sévères
Un reportage de E. Colin, S. Gurak, B. Deleporte / avec Robert - Greg, équipe d'accompagnement "Un chez soi d'abord" - Sophie, équipe d'accompagnement "Un chez soi d'abord".

"Un chez soi d’abord" veut surtout redonner sa place à l’individu, marqué par le sceau de la maladie et les préjugés qui vont avec.

Une fois installé, le/la locataire reçoit au moins une visite par semaine de l’équipe de "Un chez soi d’abord", toujours un duo. Boire un café, refaire des papiers, écouter, aller faire des courses, chercher du travail, tout est possible en fonction des demandes. Une ligne téléphonique est active 24h/24h.   

Dans l’agglomération lilloise, plus de 80 personnes sont épaulées par une vingtaine d’accompagnants : psychiatres, éducateurs, infirmiers, anciens SDF. Sophie travaille pour le programme depuis six ans : "Avec 'Un chez soi', on peut se permettre de tout essayer, de s’organiser, de se réorganiser, la réactivité devient un outil. Il faut choper le besoin à l’instant T."
 

Des coûts évités


Coût annuel de la prise en charge : 14 000 euros par locataire (contre 18 000 euros pour une personne dehors). Le programme a démontré que l’investissement pour la société était moindre, dès qu'un logement entre en jeu. La stabilité entraîne moins d’hospitalisations par exemple.

Certains locataires quitteront le programme pour voler de leurs propres ailes. D’autres comme Robert célèbrent des victoires. Son bail est désormais à son nom et plus à celui de "Un chez soi d’abord". Sa propriétaire a décidé de lui faire confiance.
 

"Un chez soi d’abord" un concept importé des Etats-Unis et du Canada

La démarche a été instaurée aux Etats-Unis et au Canada dans les années 80. L’idée arrive en France, préconisée en 2009. Elle est d’abord mise en place à Toulouse, Marseille, Lille et Paris. En 2016, Manuel Valls a voté l’extension du projet à 16 sites dont Nantes, Grenoble, Bordeaux ou Lyon…
 

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