Loos : 5 ans après le meurtre de Romain, tué pour une place de parking, sa famille réclame justice

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Père de famille de 29 ans, Romain a été poignardé en janvier 2017 par un voisin devant son domicile suite à une altercation concernant une place de parking. Cinq ans plus tard, aucune date n’a été fixée pour le procès du meurtrier présumé. Lassés que rien ne bouge, ses proches organisent une nouvelle marche blanche.

Depuis 2017, les journées du 30 janvier sont difficiles. "Tous les ans, on fait quelque chose pour rendre hommage à Romain". Rassemblements, lancés de ballons et marche blanche. "On démarre de la mairie de Loos et on va marcher jusque’à notre ancien domicile, rue Lafargue".

C’était il y a cinq ans jour pour jour. Un lundi du mois de janvier. Romain, 29 ans, était allé chercher sa fille de quatre ans à l’école. En revenant, une dispute concernant une place de parking éclate avec le voisin, un plombier de 53 ans. "Ils se sont disputés, raconte Lydia Bourrega, compagne de Romain. Ce monsieur a demandé à Romain de s’approcher. Il avait un couteau et l’a poignardé au niveau de la carotide. Romain a eu la force de traverser la rue pour déposer ma fille devant la porte avant de s’écrouler".

Malgré les tentatives de réanimation effectuées par les pompiers, le père de famille 29 ans décède sur place.

Après cinq mois de détention provisoire, le mis en examen libéré

L’auteur du coup de couteau mortel a été interpellé, mis en examen et placé en détention provisoire quelques heures après le drame. "Mais cinq mois plus tard, il est sorti de prison et a été placé sous contrôle judiciaire", raconte Véronique Truffin, maman de Romain. "Tout ce qu’ils ont su me dire pour justifier ça, c’est qu’il y avait trop de monde dans les prisons, qu’il n’avait pas de casier judiciaire et qu’il avait beaucoup pleuré devant le juge d’instruction". Sa voix tremble. "Vous vous imaginez ? Ils ont osé me dire ça. Et moi alors ? J’ai pas pleuré ? Moi, j’ai pris perpétuité".

Depuis cette date, elle l’affirme : rien n’avance. Aucune date de procès n’a pour l’heure été fixée.  Incompréhensible pour les proches de la victime.

Vous savez, perdre un enfant, c’était le pire qu’il puisse m’arriver. Mais en plus de ça, ce qui me met en colère aujourd’hui, c’est que la justice n’avance pas.

Véronique Truffin, mère de Romain

"On nous a fait attendre, il y a eu le covid OK… Mais il a bon dos le Covid ! s’emporte Véronique Truffin. Le monsieur a aujourd’hui mon âge, 59 ans. Je me dis qu’il peut lui arriver n'importe quoi, qu’il peut ne pas être jugé. Vous savez, perdre un enfant, c’était le pire qu’il puisse m’arriver. Mais en plus de ça, ce qui me met en colère aujourd’hui, c’est que la justice n’avance pas".

"J’en veux énormément à la justice"

Plusieurs courriers ont été envoyés : avocats, juge d’instruction… jusqu’au ministre de la Justice. "On a écrit une lettre à Eric Dupont-Moretti qui nous a clairement répondu qu’il ne pouvait rien faire pour nous", se désolé la compagne de Romain. "Je ne comprends pas comment on peut tuer quelqu’un et être libre. J’en veux énormément à la justice. Moi, j’ai deux enfants qui n’ont plus de papa".

Je ne comprends pas comment on peut tuer quelqu’un et être libre. J’en veux énormément à la justice. Moi, j’ai deux enfants qui n’ont plus de papa.

Lydia Bourrega, compagne de Romain

"Quand les mis en examen sont libres, les instructions sont malheureusement beaucoup plus longues, déplore maître Blandine Lejeune, avocate de la famille. Les seuls pouvoirs que nous avions pour accélérer la procédure étaient d’organiser au plus vite la reconstitution. Depuis le premier report lors du confinement, nous avons eu de cesse de réclamer une date". Bien que les convocations officielles n’aient pour l’heure été envoyées, une reconstitution devrait être organisée le 30 mars prochain.

"On avait déjà eu vent de quelques dates fictives donc on espère que cette fois-ci sera la bonne", espère la compagne de Romain. Un moment important pour la famille de la victime, qui attend des réponses de la part du mis en cause. "C’est la seule personne qui peut dire ce qui s’est passé, parce que ma fille n’avait que 4 ans à l’époque. Je ne peux pas avancer dans ma vie tant que justice n’a pas été rendue. Et je vous l’assure : pour Romain, je me battrai jusqu’au bout".