“Marche revendicative” à Lille pour une reconstitution 22 mois après après la mort de Sélom et Matisse

Ce samedi, à Lille / © COLLECTIF SELOM MATISSE / FACEBOOK
Ce samedi, à Lille / © COLLECTIF SELOM MATISSE / FACEBOOK

Environ 300 personnes ont défilé samedi à Lille pour réclamer une reconstitution afin d'éclaircir le rôle joué par la police dans l'accident qui avait coûté la vie à deux jeunes hommes, percutés en décembre 2017 par un TER.

Par AFP

"C'est une marche revendicative pour que l'enquête avance et que la reconstitution soit acceptée, ça nous permettra d'avoir des éclairages", a expliqué la mère d'une des victimes, Valérie Bondu, en tête de cortège. Près de 300 personnes ont défilé, derrière une banderole réclamant "Vérité et Justice". Dans la foule, des proches ou des voisins, mais aussi des militants antifascistes ou des politiques, comme les députés du Nord de La France Insoumise, Ugo Bernalicis et Adrien Quatennens.

Des manifestants arboraient des pancartes présentant des portraits de Sélom, âgé de 20 ans lors de sa mort, et de Matisse, 18 ans, "tués suite à un contrôle de police à Lille".
 

Le 15 décembre 2017, Sélom, Matisse et deux autres jeunes garçons avaient été heurtés par un train régional à environ 1 km de la gare de Lille-Flandres, dans le quartier Saint-Maurice Pellevoisin. Sélom et Matisse sont décédés dans l'accident tandis que les deux autres avaient été blessés, l'un grièvement.

"Nos enfants ont eu peur de se faire matraquer" par les policiers, avance Valérie Bondu, pour justifier que les quatre jeunes avaient emprunté un sentier interdit au public longeant les voies de chemin de fer. De son côté, le parquet avait assuré qu'ils n'avaient "pas fait l'objet d'un contrôle de police avant l'accident". Dans un première communication après le drame, le parquet n'avait pas fait mention de la présence de la police à proximité, avant de mentionner, après des "vérifications approfondies", une "intervention de services de police dans cette zone".
 

Reconstitution ?


"Ça commence à bien faire, ça fait presque deux ans, c'est trop long", s'est insurgée Peguy Lereste, la mère de Sélom, réclamant "un minimum de vérité". "Au début, la police n'était pas là, puis on nous dit qu'elle était là, il est temps qu'on tape du poing sur la table".

Le juge en charge de l'information judiciaire, ouverte en décembre 2017 pour "recherches des causes de la mort", a refusé l'organisation d'une reconstitution, selon maitre Alexandre Demeyere, l'un des avocats des familles. Ces derniers ont fait appel de cette décision, et attendent que la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Douai tranche.


 

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