Templemars : qui soutient les salariés de Castorama qui délocalise en Pologne ?

Illustration. / © MAXPPP
Illustration. / © MAXPPP

Alors que les salariés de Castorama manifestaient vendredi à Templemars pour empêcher la délocalisation des services comptables en Pologne, ils ont reçu le soutien d'hommes politiques ce week-end. Le porte-parole du gouvernement s'est également exprimé sur la question. 

Par Jeanne Blanquart avec AFP

La mobilisation ne s'épuise pas à Templemars, au siège de Kingfisher. Le groupe, qui détient les enseignes Castorama et Brico-Dépot, a annoncé il y a quelques semaines sa volonté de délocaliser ses services de comptabilité en Pologne. Depuis, les syndicats cherchent à alerter : 550 emplois pourraient être supprimés, même si la direction refuse d'avance aucun chiffre.

Ce week-end, après la mobilisation de vendredi, de nombreuses réactions ont vu le jour, notamment de la part d'hommes politiques. Le premier soutien vient d'Ugo Bernalicis et Adrien Quatennens, tous deux députés France Insoumise dans le Nord.



"L'enseigne Castorama du groupe a touché 30 millions d'aides fiscales au titre du CICE. L'objectif de ces délocalisations est de rémunérer davantage les actionnaires. On ne peut pas justifier moralement les licenciements boursiers. Il faut les interdire", indiquent les deux députés, revenant sur la question des aides fiscales reçues par le groupe pour les deux enseignes françaises. 



Le gouvernement attend de voir


Côté gouvernement, le ton est plus frileux. Face à des cas comme Castorama, il faut mieux former les salariés pour augmenter "leurs compétences" ou "changer de métier", a jugé dimanche le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.



S'il a refusé de "commenter le choix d'une entreprise privée", le groupe britannique Kingfisher, cet ancien secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie a demandé lors du "Grand rendez-vous" Europe1/Les Échos/CNews : "Est-ce qu'on fait simplement du curatif et qu'on vient réparer les situations dramatiques que peuvent connaître les salariés? Non, on fait du préventif".

"Il faut faire monter en gamme les salariés dans notre pays dans leurs compétences, pour pouvoir pendant sa carrière changer de métier", selon le porte-parole du gouvernement, premier membre de l'exécutif à s'exprimer publiquement sur le dossier Castorama. Aux journalistes lui objectant que les salariés de Castorama étaient qualifiés, Benjamin Griveaux a répondu que "ces métiers-là peuvent aussi évoluer" et insisté sur l'éducation, la formation. Il a aussi plaidé pour que la "question du dumping fiscal parfois réalisé par des pays au sein même de l'Union européenne soit mise sur la table et qu'on puisse avancer".


Le ministère du Travail "attentif"


Invité sur le plateau de notre émission "Dimanche en Politique", Laurent Pietraszewski, député En Marche ! dans la 11e circonscription du Nord, était interrogé sur la question du remboursement des crédits d'impôts obtenus par le groupe, qui a par ailleurs promis à ses actionnaires 700 millions d'euros de dividendes supplémentaires d'ici 2020. 

"J'ai eu un contact avec le cabinet de Muriel Pénicaud sur le sujet, ils sont particulièrement attentifs à la situation du groupe. On ne va pas répondre à ça sur un plateau, aujourd'hui, je pense qu'il vaut mieux laisser travailler ceux qui sont à même de faire avancer ce dossier là", a-t-il répondu, avant de préciser : "Je fais confiance aux partenaires sociaux qui sont aussi présents chez Kingfisher pour être particulièrement attentifs aux conditions dans lesquelles ça va se passer."


A lire aussi

Sur le même sujet

Triple like : le parc animalier Paira Daiza

Les + Lus