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VIDEO. Dans un documentaire, une religieuse raconte avoir été abusée sexuellement par deux prêtres originaires du Nord

Image tirée du documentaire "Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Eglise" / © Arte
Image tirée du documentaire "Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Eglise" / © Arte

Un documentaire sur les abus sexuels subis par des religieuses est diffusé ce mardi sur Arte. Deux prêtres originaires de Cysoing y sont dénoncés comme étant des prédateurs sexuels. Un documentaire à voir dès maintenant en avant-première. 

Par EM

C'est "l'autre scandale de l'Eglise". Des religieuses abusées par des prêtres sur tous les continents. Le documentaire diffusé par Arte ce mardi à 20h50 lève le voile sur un tabou dénoncé depuis peu de temps.Il donne la parole à des femmes qui témoignent souvent pour la première, du calvaire qu'elles onté vécues.

Elles dénoncent les abus d'autorité, les viols, et les avortements forcés subis, ainsi que les méthodes employées par l'institution catholique pour étouffer le scandale. Parmi les témoignages, celui de Michèle-France Pesneau, abusée pendant 25 ans.
 

Nés à Cysoing


Elle a été sous l'emprise de deux prêtres, longtemps au-dessus de tout soupçon, très influents dans l'Eglise catholique : Marie-Dominique Philippe et Thomas Philippe. Tous deux sont originaires du Nord, nés à Cysoing au début du XXème siècle. Ils ont étudié chez les Jésuites à Lille.

Le premier fondera ensuite la Communauté des frères de Saint-Jean (dits "Les petits gris"), le deuxième, avec Jean Vanier, a contribué à la création de la communauté de l'Arche qui accueille des personnes handicapées.
 
Michèle-France Pesneau dans le documentaire d'Arte / © Arte
Michèle-France Pesneau dans le documentaire d'Arte / © Arte

Deux ans après son entrée chez les soeurs, à Boulogne-Billancourt, Michèle-France Pesneau a commencé à être abusé par le premier. "Il avait une réputation de saint homme, raconte aujourd'hui l'ancienne religieuse. Ma supérieure m'a conseillé de le rencontrer comme directeur spirituel (NDLR : au début des années 70). Je n'avais aucune question à me poser. Mais à chaque rencontre, il est allé plus loin dans l'intimité physique en glisssant sa main sous sa robe, en prenant la mienne pour la glisser sous la sienne. Il voulait me faire sentir l'amour de Jésus pour moi. C'était ce que Jésus voulait pour moi. Il disait qu'il était le petit instrument de Jésus."

Et elle poursuit : "Je faisais des fellations au Père Marie-Dominique, à sa demande, non pas verbale mais par gestes, par signes".
 

Leur relation va durer deux ans. Jusqu'à ce que la religieuse, meurtrie, renonce et quitte son couvent. Le prêtre lui conseille de rentrer une autre communauté en Saône et Loire. Il lui présente le père Thomas. C'est son frère. Le cauchemar va continuer. Elle confie au père Thomas avoir été abusée par son frère.

Et tout recommence : "Un soir, il m'a dit de me déshabiller. J'étais dans un état second. Je lui ai obéi. Il fait la même chose que son frère. Je prenais ça un peu comme un exercice de pénitence. J'étais un petit oiseau hypnotisé par la vipère qui ne peut s'envoler."
Les pères Marie-Dominique Philippe et Thomas Philippe
Les pères Marie-Dominique Philippe et Thomas Philippe

Michèle-France Pesneau a ainsi été abusée sexuellement pendant 25 ans par les deux frères prêtres. Ce n'est qu'après leur mort (en 1993 et 2006) que va être révélé le scandale.
 

Et maintenant ?


Pendant très longtemps, rien ne s'est su officiellement. Les deux frères ont même longtemps été soutenus et montrés en exemple par le Vatican. "Je tiens à le remercier, devant vous, pour ce qu’il a fait pour l’Église… l’Église vous est profondément reconnaissante pour ce qu’elle vous doit et elle vous doit beaucoup", affirmait par exemple à propos du Père Dominique, un cardinal du Vatican à l’occasion de ses 70 ans de sacerdoce.

La parole a mis du temps à se libérer et comme pour les affaires de pédophilie, l'Eglise a mis du temps à reconnaître les faits. On sait désormais que dès 1956, le père Thomas avait été condamné à des sanctions canoniques par le Vatican : interdiction d’enseigner, d’exercer tout ministère et d’administrer tout sacrement en public.

Le 5 février 2019, le pape François a parlé de la communauté Saint-Jean comme étant une congrégation féminine où « s’était installé cet esclavage des femmes, esclavage allant jusqu’à l’esclavage sexuel des femmes par des clercs et le fondateur ». La communauté de l’Arche a aussi reconnu les mutiples abus du prêtre : " Le P. Thomas Philippe a eu des agissements sexuels sur des femmes majeures, par lesquels il disait rechercher et communiquer une expérience mystique", peut-on lire en 2015 dans un rapport d'enquête interne.

D'autres victimes des deux prêtres témoignent d'ailleurs dans le documentaire. Se pose également la question des suites données à ces révélations : "Oui, l'Eglise s'est exprimée, mais seulement au moment où elle sait qu'elle est acculée. Maintenant, au-delà de cette déclaration, que vont-ils faire concrètement ?, s'interroge sur franceinfo la journaliste Marie-Pierre Raimbault.
 

Voir le documentaire "Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Eglise" en intégralité

 
 

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