VIDEO. Pourquoi le CHU de Lille manque de médecins et a beaucoup de mal à recruter

Au CHU de Lille / © FRANCE 3
Au CHU de Lille / © FRANCE 3

Reportage au coeur du CHU de Lille.

Par F.Mathieux / M.Benito

1. Le constat


Le CHU de Lille (Nord) a été classé deuxième du dernier classement des hôpitaux de France. Il est l'un des plus prestigieux hôpitaux publics de France. Pourtant le constat est là, fait depuis plusieurs années : il manque de médecins et il peine à recruter.

Les cadences sont trop lourdes et les rémunérations sont beaucoup plus faibles que dans le secteur privé. Exemple frappant : les anesthésistes-réanimateurs. Ils sont une centaine mais devraient être plus nombreux. 20 postes sont vacants, faute de candidats.
 

2. Les conséquences


Alors, parfois quand il n'y a plus de solutions, des salles d'opération sont fermées. "Lundi prochain, dans ce bloc opératoire qui normalement, doit ouvrir six salles, il n'y en aura que 4 ouvertes", explique le professeur Benoît Tavernier, chef du pôle anesthésie-réanimation du service neurochirurgie.
Les médecins en charge des plannings jonglent en permanence pour le programme prévisonnel des mois à venir." Certains affirment travailler entre 70 heures et 90 heures par semaine.

Le Docteur Cédric Cirenei, jeune anesthésiste, se pose beaucoup de questions. Il a toujours voulu travailler dans le public mais... "Est-ce que je resterai dans de telles conditions avec de moins en moins de moyens alors qu'on nous de demande plus en plus ? Je pourrais gagner 5 fois plus dans le privé."
 
Pourquoi le CHR de Lille manque de personnel et a beaucoup de mal à recruter

Un anesthésiste débutrant gagne environ 12000 euros bruts en début de carrière contre 4000 dans le public. De quoi attirer de nombreux candidats.
 

3. L'avenir


Pour Frédéric Boiron, directeur général du CHU de Lille, il y a urgence. face à la pénurie de médecins et la crise des vocations dans le public, il faut agir vite. "Il y a des gens qui en ont marre donc quand on vous propose des situations très intéressantes, plus favorables à l'extérieur, ça marche, c'est humain. Si on ne fait rien, bien sûr que nous allons au devant de grosses difficultés. On pourrait faire tomber des pans de l'activité hospitalière publique."

Le CHU de Lille emploie environ 16 000 personnes.

Primes, dette et budget : le "plan d'urgence" du gouvernement pour l'hôpital

Après 8 mois de crise dans les hôpitaux publics, le gouvernement a dévoilé mercredi "un plan d'urgence" comprenant diverses primes pour les personnels,
ainsi qu'une rallonge budgétaire de 1,5 milliard d'euros et une reprise de 10 milliards de dette sur les trois prochaines années.

"Les personnels de santé n'en peuvent plus (...). Nous les avons entendus", a déclaré le Premier ministre, Édouard Philippe, lors d'une conférence de presse
au ministère de la Santé. "L'idée de ce plan, c'est de redonner de l'oxygène à cette communauté de soignants" et le gouvernement est "prêt à y consacrer des moyens considérables", a-t-il dit.

Dans l'immédiat, "l'intégralité" des 400 millions d'euros de crédits gelés endébut  d'année seront "débloqués dans les prochains jours". Le budget des établissements de santé sera ensuite relevé de 1,5 milliard d'euros sur trois ans "en plus de la trajectoire budgétaire prévue", en commençant par une hausse de "300 millions dès 2020" qui sera "votée dès la semaine prochaine" à l'Assemblée nationale.

S'y ajouteront "150 millions par an" pris sur le budget du ministère pour le "soutien à l'investissement courant", par exemple "l'achat de petits matériels ou l'accomplissement de travaux de rénovation légère".
 

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