Linselles : sept ans après, les proches de Vincent Delory, “sacrifié” au Niger, lui rendent hommage

© Anabelle Delory
© Anabelle Delory

Ce dimanche, les proches de Vincent Delory ont commémoré sa mort au cimetière de Linselles. L'ingénieur nordiste a été tué au Niger le 8 janvier 2011 pendant une opération des forces spéciales françaises alors qu'il était l'otage d'AQMI.

Par Quentin Vasseur

"Aucun officiel ne viendra" annonçait Anabelle Delory. Finalement, la préfecture du Nord et la mairie de Tourcoing ont fait envoyer des fleurs. Au total, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées ce dimanche au cimetière de Linselles.

Une cérémonie intimiste, donc, lancée sur une initiative individuelle et familiale pour ne pas oublier Vincent Delory, tué au Niger le 8 janvier 2011

La veille, cet ingénieur de 25 ans avait été enlevé avec l'humanitaire Antoine de Léocour dans un restaurant de Niamey par le groupe AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique).

Il a été sacrifié


Tous les deux mourront le lendemain pendant l'intervention des forces spéciales françaises : Antoine de Léocour exécuté par un djihadiste, et Vincent Delory dans l'incendie du 4X4 d'AQMI. Un véhicule dans lequel on n'avait pas d'autre corps que le sien. Aujourd'hui, sa mort pose encore question.

"On ne lui a même pas laissé la chance d'être otages'indigne sa sœur sept ans après le drame. Il a été sacrifié" . Reste aujourd'hui une amertume et un profond sentiment d'injustice.


Car rien n'a été fait par les gouvernements successifs pour commémorer le souvenir de son frère. En avril dernier, François Hollande qui "n'a pas contesté la responsabilité de l'État" s'était engagé à poser une plaque à Nyamey, pour le symbole. Mais "depuis le gouvernement a changé, et avec lui tous les contacts qu'on avait."

Hommage a Vincent et Antoine tués au niger

Une très belle année 2018 à vous tous qui nous soutenez dans notre combat ! Espérons que 2018 voit notre cause avancer et les promesses de Mr Hollande se concrétiser avec son successeur... En tout...


"Mes parents ont remis un courrier au Premier ministre en septembre. Ils ont reçu un accusé de réception il y a une semaine." À part ça, aucune nouvelle. "Certains nous ont défendus, mais les politiques ne sont pas à l'aise" sur ce dossier.

On est une verrue qu'on veut oublier


"Je ne sais pas si les proches des victimes du Bataclan ou de Nice ont été mieux accompagnés que nous, mais sur le coup ils ont été mieux pris en charge".

Car Anabelle Delory l'assure : sa famille dérange "à la fois les politiques et les militaires, on est une verrue qu'on veut oublier."

Assumer, reconnaître et entretenir


Elle en revanche "ne veut pas que ça tombe dans l'oubli." C'est d'ailleurs le but de la commémoration qui s'est tenue ce dimanche 7 janvier au cimetière de Linselles. 

"Je ne réclame rien, pas d'argent" assure Anabelle Delory. Ce que la famille de Vincent veut, c'est que l'État "assume, qu'il reconnaisse et qu'il entretienne" le souvenir de Vincent, victime du terrorisme.

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