Le Nordiste Jean-Paul Delevoye devrait entrer au gouvernement pour défendre la réforme des retraites

Agnès Buzyn, la ministre de la santé, et Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites à l'hôtel Matignon, le 18 juillet 2019. / © KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Agnès Buzyn, la ministre de la santé, et Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites à l'hôtel Matignon, le 18 juillet 2019. / © KENZO TRIBOUILLARD / AFP

D'après une information du JDD, le Nordiste Jean-Paul Delevoye a reçu une proposition de l'Élysée pour devenir ministre chargé de la question des retraites. Il aurait accepté.

Par Manon Pélissier

Réputé fin négociateur, l'ancien élu du Pas-de-Calais devenu haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, devrait entrer au gouvernement en tant que ministre chargé de la question épineuse des retraites, qu'il devra défendre coûte que coûte devant le Parlement, a annoncé ce samedi 24 août le JDD. 
 

18 mois de travail et de concertation


Le Nordiste Jean-Paul Delevoye a en effet reçu une proposition de la part de l'Élysée cet été, proposition qu'il aurait acceptée. Il n'a voulu ni confirmer ni démentir cette information auprès de nos confrères du JDD, qui estiment par ailleurs cette arrivée "attendue".

Cela faisait 18 mois que le Nordiste Jean-Paul Delevoye planchait sur le futur système des retraites à points, cher à Emmanuel Macron. Il a rendu sa copie le 18 juillet. Cela paraît donc tout à fait logique que le haut-commissaire devienne ministre en charge de la réforme des retraites.
 

Son arrivée dans le gouvernement est pour l'instant "incertain", étant donné que le projet de loi sur la réforme ne va pas être présenté devant le Conseil d'État avant la fin de l'année.
 
 

"Une vraie expérience de négociateur"


Si l'ancien maire de Bapaume (Pas-de-Calais) est devenu l'expert en matière de réforme des retraites, c'est bien pour plusieurs raisons.

Ancien ministre de la fonction publique de Jacques Chirac (2002-2004), il avait déjà piloté la réforme des retraites des fonctionnaires, réussissant à ramener les syndicats autour de la table après plusieurs mois de conflit.
 

"Il a une vraie expérience de négociateur. Toute sa vie est faite de médiations, d'écoutes, de réconciliations de points de vue parfois opposés pour aboutir à des synthèses dynamiques", vantait alors en 2017 Richard Ferrand, désormais président de l'Assemblée nationale.

L'entregent de ce colosse d'1,93 m lui a été utile à la tête de la Commission d'investitures pour les élections législatives du jeune parti En Marche!, où il a été propulsé avec la réputation de savoir transcender les clivages partisans. Pour preuve, il rappelle volontiers son exclusion en 2013 de l'UMP, après avoir soutenu un socialiste pour lui succéder à la mairie de Bapaume.
 

"Gaulliste social"


Du printemps jusqu'à l'été 2017, Jean-Paul Delevoye a défendu inlassablement sa méthode destinée à renouveler les visages de l'hémicycle. Celui qui se définit comme "gaulliste social" et a été soutien d'Alain Juppé lors de la dernière primaire de la droite, a rallié Emmanuel Macron fin 2016, "sans être en demande de poste" mais préoccupé par la "fragmentation du pays".

Ce père de quatre enfants pensait alors s'être retiré des affaires publiques, ayant échoué en 2015 à se faire réélire à la présidence du Conseil économique, social et environnemental (CESE).

À la tête 5 ans durant de la troisième assemblée de la République, Jean-Paul Delevoye a entretenu d'excellentes relations avec la gauche dès le début du mandat de François Hollande, qui lui a remis la Légion d'Honneur en octobre 2015. Il s'est targué d'avoir fait du Palais d'Iéna le siège des grands rendez-vous sociaux.

Son bilan à la tête du CESE a été aussi marqué par des réformes pour assainir les finances de l'institution, dans le collimateur de la Cour des comptes. Auparavant, il s'était fait mieux connaître des Français pour son action de Médiateur de la République, de 2004 à 2011.


Ancien négociant en aliments pour bétail


Mais Jean-Paul Delevoye, né à Bapaume le 22 janvier 1947, a aussi derrière lui une longue carrière politique, entamée en 1977 par admiration pour le général de Gaulle.

Ancien député (1986-1988) puis sénateur (1992-2002) RPR du Pas-de-Calais, ce fidèle de Jacques Chirac s'est aussi construit un solide réseau en devenant président de l'Association des maires de France (AMF), de 1992 à 2002.

En 1999, il brigue sans succès la présidence du RPR malgré le soutien de Jacques Chirac, le mouvement lui préférant Michèle Alliot-Marie.

Passé brièvement par l'Institut supérieur d'agriculture de Lille, élevé au même lycée jésuite d'Amiens qu'Emmanuel Macron, il se dit aussi fier de son permis poids-lourds. Ancien négociant en aliments pour bétail, il rappelle volontiers que chaque été pendant ses études, il aimait conduire les camions de grains à Rouen.

 

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