Cet article date de plus de 4 ans

A Roubaix, une fresque représentant un oiseau aux ailes armées fait polémique

Difficile de passer inaperçu. Dans le cadre de l'exposition "Street Génération(s)", organisée par la Condition publique, une fresque représentant un oiseau dont les ailes sont des armes a été peinte dans le quartier du Pile. Une fresque qui offusque une partie des habitants.
La fresque a été installée sur un bâtiment muré.
La fresque a été installée sur un bâtiment muré. © Sébastien Gurak
C'est une exposition aux dimensions internationales qui s'affiche à la Condition publique. Ou plutôt, à l'extérieur de la Condition Publique. "On a voulu retracer l'histoire du street art depuis 40 ans, montrer qu'au-delà du graffiti, il y a de véritables artistes, que les codes, les techniques, les messages aussi, se sont complexifiés", explique Jean-Christophe Levassor, directeur de la Condition Publique à Roubaix. L'exposition "Street Génération(s)" commence officiellement le 31 mars, mais fait déjà beaucoup parler d'elle. Parmi les fresques exposées en dehors des murs de la Condition publique, celle qui s'affiche à l’angle des rues Monge et Franklin a choqué quelques habitants, qui se sont indignés sur les réseaux sociaux, comme l'ont repéré nos confrères de la Voix du Nord.

Message écologique

La fresque représente une hirondelle qui déploie ses ailes, sous lesquelles sont attachées des armes, pointées vers le sol. "La volonté de l'artiste, Ludo, c'est de mélanger un élément naturel avec ce que l'Homme a été capable de produire, pour montrer sa capacité de destruction. C'est un message écologique qu'on retrouve dans plusieurs de ses oeuvres", explique Jean-Christophe Levassor. 

Un message visiblement mal compris par quelques habitants, qui se sont empressés de dénoncer l'oeuvre et son implantation, notamment par le biais des réseaux sociaux. "Non mais quelle ineptie d'avoir commandé, subventionné et décliné cette fresque", commente un certain David sur son compte Facebook. "Oh putain je viens de me rendre compte que les bombes sont vertes (couleur de l'Islam) qui pointe le sol (sol Francais) et que la bombe blanche (genre la paix, la democratie, la liberté) pointe la mosquée qui se situe dans cette direction à 20m !!!!", commente un autre internaute. 



Une interprétation qui sidère le directeur de la Condition Publique. "Je n'arrive même pas à comprendre comment on peut nous repprocher ça. Ca n'a pas de sens !", se défend Jean-Christophe Levassor. "Chaque oeuvre a fait l'objet d'une présentation avec les riverains, à chaque fois j'échange avec les passants et la plupart du temps ils sont étonnés par la technique, surpris par la transformation du bâtiment. J'ai été vraiment surpris." L'oeuvre étant éphémère, pas question de la retirer. En revanche, le directeur du lieu culturel assure que ses portes "sont grandes ouvertes" et invite les habitants qui se seraient sentis blessés à venir dialoguer avec lui. 

Chefs-d'oeuvre du genre

Ce début de polémique aurait néanmoins le mérite de mettre en valeur une exposition exceptionnelle de par son ampleur. En tout, une soixantaine d'artistes y seront représentés, dont 25 qui vont réaliser des oeuvres in situ, "à la Condition Publique et dans son environnement urbain". "On a fait venir les plus grands artistes du monde", s'enthousiasme Jean-Christophe Levassor. 


L'exposition aura aussi à coeur de montrer la diversité du street art. Parmi les oeuvres proposées, les visiteurs pourront apercevoir de la calligraphie, du collage de la feuille d'or... Plus d'infos sur le site de la Condition Publique

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
art culture peinture polémique société