Gérard Larcher lance dans le Nord, avec Xavier Bertrand, son chantier pour rebâtir la droite

Gérard Larcher et Xavier Bertrand à leur arrivée à la salle Pierre-Richard de Valenciennes. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Gérard Larcher et Xavier Bertrand à leur arrivée à la salle Pierre-Richard de Valenciennes. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Le président LR du Sénat Gérard Larcher a entamé ce vendredi à Valenciennes, aux côtés de Xavier Bertrand et de la centriste Valérie Létard, sa démarche pour bâtir "un projet pour la droite et le centre" en vue des élections municipales, lancé après le désastre des Républicains aux européennes.

Par YF avec AFP

"Démarche de terrain", acte I. Deux semaines après avoir rassemblé à Paris des présidents de régions de droite et du centre (Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, Renaud Muselier) et de grandes associations d'élus (François Baroin, Dominique Bussereau, Hervé Morin), le président du Sénat est passé aux  travaux pratiques ce vendredi dans le Nord, avec un débat de plus de deux heures sur le thème de la réindustrialisation.

"J'aurais pu rester tranquille au Palais du Luxembourg", a expliqué Gérard Larcher devant environ deux cent personnes, dont de nombreux élus de droite et du centre, dans la salle municipale Pierre-Richard de Valenciennes.

Mais le président (LR) du Sénat a fait part de son "inquiétude" pour "la démocratie", nourrie par une "perte de confiance entre le citoyen, le territoire et celles et ceux qui ont la fonction de les représenter". "C'est à partir du terrain, de cette trame exceptionnelle des 550 000 élus locaux de ce pays (...) que nous pouvons puiser en quelque sorte le renouveau et le référentiel dont nous avons besoin", a expliqué M. Larcher qui n'entend pas se "résoudre à un combat binaire" et "reconquérir l'espace" entre La République en marche et le Rassemblement national.

 
Gérard Larcher lance dans le Nord son chantier pour rebâtir la droite
Reportage de Laura Lévy et Sébastien Gurak.
 

Xavier Bertrand en animateur de débats


Xavier Bertrand, qui a quitté LR fin 2017 et n'était pas de la réunion inaugurale parisienne, était bien présent, tenant le rôle d'animateur des débats. "On avait prévu de réunir des élus" avant l'initiative de M. Larcher, a-t-il expliqué en vantant le format retenu : "Pas d'estrade, pas de tribune", et "des politiques qui n'expliquent pas la vie".

"Moi, je ne cherche pas à créer un espace entre l'un ou l'autre. Quand on décide (...) d'apporter des solutions aux problèmes de tous les Français, c'est pas une question de niche politique, pas une question de savoir si on aura un espace suffisant pour se hisser au second tour. Tout ça c'est bon pour du marketing politique", a ensuite répondu M. Bertrand.

Parmi les intervenants figuraient Luciano Biondo, directeur de Toyota Valenciennes, Véronique Hiolle, patronne de l'entreprise de services à l'industrie Hiolle Industries, et Bruno Kopzynski, président de l'intersyndicale d'Ascoval. M. Larcher avait entamé sa journée dans le bassin minier par une visite de la cité des Acacias à Condé-sur-L'Escaut (Nord), puis de la cité Taffin à Vieux-Condé.

Il a ensuite déjeuné avec l'Association des Maires du Nord à Saint-Saulve. De nombreux sujets ont été abordés, de la gouvernance des intercommunalités à la désertification médicale en passant par les fermetures de services public dans les petites communes. "On voit bien que l'on ne peut plus avoir des réponses nationales à des situations différentes", a également plaidé le président du Sénat, favorable à la "différenciation" dans le cadre d'une "nouvelle génération de la décentralisation".

Concentré sur ce message de terrain, M. Larcher s'est refusé à commenter l'événement "parisien" du jour pour son parti, à savoir l'annonce par Christian Jacob qu'il se lançait officiellement dans la bataille pour la présidence des Républicains (LR). De nouveaux rendez-vous sont programmés, le 8 juillet dans la région Sud (mobilité et écologie), le 12 dans les Yvelines (santé de proximité), le 18 en Normandie (ruralité et agriculture), dans les Pays-de-la-Loire le 9 septembre (formation et apprentissage), le 12 septembre en Ile-de-France (politique de la ville) et en Nouvelle-Aquitaine le 27 septembre (décentralisation). Une "convention nationale" doit venir parachever cette démarche au mois d'octobre.

"Larcher est dans une sorte de pré-campagne sénatoriale", "sa préoccupation est de conserver sa majorité au Sénat", estime pour sa part une source au sommet de LR.
 

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