Manu, Gilet jaune valenciennois éborgné à Paris : comment Le Monde a identifié le CRS auteur du tir

Capture d'écran de la vidéo du Monde. / © LE MONDE
Capture d'écran de la vidéo du Monde. / © LE MONDE

La grenade MP7 à l'origine de la blessure n'a pas été tirée comme elle le devrait.

Par Q.V

On en sait un peu plus sur ce qu'il s'est passé sur la place d'Italie, à Paris, le 16 novembre, et les circonstances dans lesquelles le Valenciennois Manuel Coisne, ou "Manu", a été touché au visage par une grenade lacrymogène. Surtout, on sait désormais d'où provenait exactement le tir.
 

Dans une enquête vidéo de 11 minutesLe Monde a retracé le fil des événements en se basant sur plusieurs heures de vidéos, sous différents angles, diffusées en direct ou après la manifestation, et prises par des amateurs ou des journalistes.
 

On y voit la place bouclée par des barrages de CRS, rendant difficile toute sortie. "Toutes les sorties de la place d'Italie, toutes les artères étaient coincées par la police" témoignait d'ailleurs "Manu" il y a quelques semaines. "On était bloqués sur place."
 

Surtout, on peut voir le moment exact où la grenade, identifiée comme une grenade MP7, est projetée par un CRS au sein d'un groupe victime d'une pluie de projectiles. À partir du son ambiant, Le Monde a synchronisé les deux vidéos – celle où on voit Manuel Coisne discuter avant de recevoir le tir dans l'œil, et celle où les forces de l'ordre s'avancent.
 
© LE MONDE
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Par ailleurs, sur ces images ont peut voir le CRS tirer avec un angle de 15°, alors que les grenades MP7 doivent être tirées en cloche (avec au minimum un angle à 45°). La grenade elle-même est équipée à son extrêmité d'un Dispositif de propulsion à retard (DPR) blanc, qui s'ouvre après 100 mètres de distance. "Manu", lui, ne se trouvait qu'à 55 mètres des échauffourées lorsqu'il a reçu le projectile.

L'avocat de Manuel Coisne a réagi en disant "prendre connaissance ce matin des révélations du Monde établissant de manière limpide qu’il avait été victime de violences policières aggravées délibérées".

"Manuel Coisne et sa famille attendent des excuses formelles du commissaire Le Bars qui avait prétendu que le tir pouvait émaner d'un manifestant, ainsi que de Mesdames Laetitia Avia, députée et Brigitte Jullien, directrice de l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), qui ont encore affirmé que les violences policières n'existaient pasé" a-t-il encore ajouté.

L'enquête sur cette blessure est toujours en cours. L'IGPN avait été saisie peu après les faits, et un juge d'instruction a été saisi.
 

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