Pour Manuel, Gilet jaune éborgné à Paris, la vidéo du Monde est “une preuve“ pour que ”la justice fasse son travail”

© FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS
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Sa compagne espère que ce drame servira à faire bouger les choses.

Par Q.V avec Jean-Louis Manand

"Je m’attendais pas à une vidéo aussi explicite." Aux côtés de sa compagne Séverine, Manuel Coisne, 41 ans, commente la vidéo du Monde qui retrace en une dizaine de minutes les événements qui l'ont conduit à perdre un œil, touché par une grenade lacrymogène sur la place d'Italie à Paris, le 16 novembre.
 
"Une preuve" : Manu, le Gilet jaune éborgné à Paris, réagit à la vidéo du Monde

Ce jour-là, un après le début du mouvement des Gilets jaunes, "Manu" et sa compagne se trouvent encerclés sur la place parisienne, incapables de quitter les lieux. "À un moment on a vu que tout était barricadé, toutes les sorties de la place d'Italie, toutes les artères étaient coincées par la police. On était bloqués sur place" nous confiait-il il y a trois semaines.
 

Une version corroborée par l'enquête du Monde. Cette dernière, en se basant sur des heures de vidéos prises en direct ou non, par des journalistes ou des amateurs, parvient à identifier le CRS auteur du tir, au milieu d'un groupe assailli par une pluie de projectiles.
 

Le tir qui s'est fait à 15° du sol (contre les 45° réglementaires) a atterri dans l'œil du manifestant, qu'on voit discuter à 55 mètres de là.
 

"Là cette fois ci, ça montre qu’on a bien une preuve, et j’espère maintenant que la justice fera son travail" glisse le Valenciennois.

Pour autant, Manuel Coisne "pense aussi à toutes ces victimes qui ont subi des violences policières, qui ont perdu un œil ou leur  main et qui n’ont pas pu se défendre parce qu’ils n’avaient pas de preuves."

 

"On a la possibilité de faire bouger les choses"


Séverine, elle, explique que "grâce ou à cause de ce qui lui est arrivé, on a la possibilité de faire bouger les choses, et on va faire tout pour que ça bouge et que ce genre de drame n’arrive plus".

Interrogé, l'avocat de Manuel Coisne assure de son côté qu'il y a "un problème structurel et un problème conjoncturel : structurel pour l'IGPN parce qu'on peut se dire que les policiers n’ont pas forcément envie d’enquêter sur des policiers lorsqu’ils sont dans l’exercice de leurs fonctions ; et conjoncturel, parce qu’on a vraiment une volonté d’étouffer les affaiers et d’empêcher les policiers d’être poursuivis, et on le voit en pratique dans tous les dossiers de violence policière que nous traitons."
 
Pour l'avocat de Manu, Gilet jaune éborgné à Paris, "on a une volonté d'étouffer les affaires"

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