Manuel T., “Gilet jaune” valenciennois qui a perdu un œil : un juge d'instruction va mener l'enquête 

Une information judiciaire a été ouverte, a indiqué le parquet ce vendredi.

Par Q.V avec AFP

Un juge d'instruction a été chargé de mener l'enquête sur la blessure à l'oeil de Manuel C., un Gilet jaune touché samedi à Paris par un projectile vraisemblablement tiré par la police, a annoncé vendredi le parquet de Paris.

L'information judiciaire a été ouverte par le parquet pour "violences volontaires par une personne dépositaire de l'autorité publique suivies de mutilation ou infirmité permanente", une infraction criminelle, a précisé cette source.

 

Enquête de l'IGPN


Une enquête préliminaire avait d'abord été ouverte par le parquet et les investigations confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), dont l'impartialité est régulièrement mise en cause par les "gilets jaunes".
 

"Nous sommes heureux de voir que cette enquête va pouvoir être menée de manière plus indépendante que sous l'autorité du parquet et de l'IGPN", s'est félicité auprès de l'AFP l'avocat de Manuel C., Me Arié Alimi.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, cet homme de 41 ans discute avec d'autres manifestants place d'Italie, alors que la situation est très tendue aux alentours. Soudain, vers 14H45, un projectile le heurte violemment à l'oeil gauche.

Selon sa compagne, il a perdu l'usage de cet oeil. Lundi, le préfet de police de Paris Didier Lallement avait annoncé qu'il allait saisir l'IGPN, "à la demande du ministre de l'Intérieur".

 

Une plainte contre le préfet de police


De son côté, le parquet de Paris avait initialement ouvert une enquête pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique avec armes ayant entraîné une interruption temporaire de travail de plus de huit jours".

Me Alimi avait annoncé mardi le dépôt d'une plainte pour obtenir plutôt la désignation d'un juge d'instruction.
 

Sa plainte vise nommément le préfet Didier Lallement, l'accusant de complicité pour avoir autorisé l'usage de lanceurs de grenade 56 mm.

 

372 plaintes depuis le début des Gilets jaunes


Ces lanceurs de grenades lacrymogènes, dits Cougar ou Chouka, font partie des armes de maintien de l'ordre contestées depuis le début du mouvement des "gilets jaunes".

Au total, 372 procédures judiciaires ont été enregistrées en France après des plaintes contre des forces de l'ordre, selon un décompte mi-novembre du ministère de la Justice transmis. 

Parmi elles, 109 ont été classées sans suite et 29 ont fait l'objet de l'ouverture d'une information judiciaire. Trois renvois en correctionnelle de fonctionnaires - dont un CRS jugé jeudi à Paris - ont été ordonnés.
 

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