Variole du singe : 23 cas détectés dans les Hauts-de-France, un chiffre encore à la hausse

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Écrit par Yacha Hajzler

Selon un dernier bilan de Santé Publique France, 23 cas de variole du singe se trouvent dans les Hauts-de-France. Il y a deux semaines, ce chiffre plafonnait à 12. L'Organisation Mondiale de la Santé a manifesté son inquiétude.

"Des cas de variole du singe sans lien direct avec un voyage en Afrique du Centre ou de l’Ouest ou des personnes de retour de voyage ont été signalés en Europe et dans le monde, des cas suspects sont en cours d’évaluation dans de nombreux pays et la situation évolue donc très rapidement", résume Santé Publique France. Depuis mai 2022, cette maladie qui provoque, entre autre, fièvres et éruptions cutanées circule sur le continent européen.

Le 2 juin, le premier cas de variole du singe dans les Hauts-de-France était recensé par Santé Publique France. Depuis, la contagion progresse : trois cas au 16 juin et 12 cas recensés le 22 juin. Le dernier bilan de l'agence de Santé, publié ce 5 juin, fait cette fois état de 23 cas dans les Hauts-de-France. Même si cette nouvelle épidémie n'a pourtant l'instant fait aucun mort, les instances de santé régionales, nationales et mondiales surveillent la situation comme le lait sur le feu.

Un "nombre important de cas" ne seraient pas encore recensés

Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui dirige l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a annoncé la convocation prochaine du comité d'urgence qui doit l'aider à jauger la gravité de la crise. "Je continue à être inquiet de l'échelle et de la diffusion du virus", qui compte désormais plus de 6.000 cas dans 58 pays, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. "Le dépistage demeure un défi, et il est fort probable qu'il y ait un nombre important de cas qui ne soient pas recensés", a souligné le Dr. Tedros. Il a indiqué que l'Europe était le nouvel l'épicentre de l'épidémie, avec plus de 80% des cas recensés dans le monde. En Afrique, des cas apparaissent dans des pays jusque-là épargnés.

La variole du singe peut être transmise par le contact avec les muqueuses, mais aussi les gouttelettes de salive diffusées par les postillons ou les éternuements, ou encore par "l'environnement" : le contact avec les vêtements, literie, linge de bain... Il ne s'agit donc pas d'une maladie sexuellement transmissible (MST), mais les contacts rapprochés favorisent la contagion, comme avec bien d'autres virus. La variole du singe peut d'ailleurs aussi être contractée par contact avec la nature sauvage, dans certaines zones d'Afrique, mais la thèse de la maladie contractée en voyage s'éloigne à mesure que les cas progressent.

Une maladie qui disparaît spontanément 

Depuis sa récente diffusion en Europe, aucun décès et très peu de cas graves ont été répertoriés. La variole du singe guérit en général spontanément et les symptômes durent de deux à trois semaines. C'est pourquoi l'Organisation Mondiale de la Santé, malgré sa vigilance, n'a pas encore instauré d'état d'urgence international et ne recommande pas la vaccination à grande échelle.

Un médicament antiviral, le tecovirimat, conçu pour la variole, a été homologué par l'Agence européenne des médicaments (EMA) pour la variole du singe en 2022 sur la base de données venant des études menées sur les animaux et les humains. Il n'est pas encore largement disponible. Un vaccin indiqué contre la variole chez les adultes est autorisé en Europe depuis juillet 2013. Il dispose également d'une autorisation de mise sur le marché aux États-Unis.