VIDÉO. Mairieux : le procès de l'adolescent accusé d'avoir tué la petite Léa, 3 ans, s'ouvre aujourd'hui

Un procès à huis-clos, en raison de l'âge de l'accusé.

Leur vie s'est arrêtée le 21 mai 2018. Le jour où le corps dénudé de la petite Léa est retrouvé près d'un ruisseau bordant leur maison. Plus d'un an après, les parents et les grand-parents de la petite fille espèrent obtenir des réponses, alors que s'ouvre ce jeudi et pour deux jours le procès de Florian, l'adolescent accusé d'avoir tué l'enfant de trois ans.
 
Une incompréhension d'autant plus forte que le garçon, alors âgé de 14 ans, était hébergé chez les grand-parents, qui étaient famille d'accueil. "On prenait le petit-déjeuner, le repas du midi, tout le monde était heureux. Après, tout le monde est parti dehors parce qu'il faisait beau mais on n'aurait jamais pensé qu'il aurait fait une chose pareille" confie Marie-Christine Marmignon. "Je comprends pas !"
 
Mairieux : un an après le meurtre de Léa, 3 ans, "on n'arrive pas à s'en remettre" ©France 3 Nord-Pas-de-Calais

Son époux, Alain, est lui aussi effondré. "On est toujours dans la douleur du drame qui a frappé notre famille. On n'arrive pas à s'en remettre, on est tous siuvis par des psychologues, des psychiatres."

 

Rappel des faits


La petite Léa a perdu la vie le 21 mai 2018, noyée dans un ruisseau situé près du domicile de ses grand-parents, qui étaient famille d'accueil. Son corps avait été retrouvé dénudé et un adolescent de 14 ans, placé chez cette famille, avait au même moment pris la fuite.
 
Un appel à témoins avait été diffusé par la gendarmerie et le jeune homme avait été retrouvé le lendemain, avant d'être mis en examen et écroué quelques jours plus tard par le parquet de Valenciennes.

 

"Rien pour lui n'est intelligible"


Le procès, à huis clos, risque en tout cas d'être complexe : l'adolescent a avoué les faits mais n'en reconnaît pas la gravité en raison de ses troubles psychiques, indique son avocat Me Christophe Boudard. 

"Rien pour lui n'est intelligible. Rien pour lui n'est compréhensible. La question, pour moi, c'est celle de sa responsabilité. Quel est le niveau de responsabilité qui est la sienne au regard des pathologies, au regard des vulnérabilités qui sont les siennes ?"
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La mère de la petite fille, elle, souhaiterait "avoir encore plus d'explications, savoir pourquoi il s'en est pris à Lea. Pourquoi Lea ? Elle était si petite ! Pourquoi s'en être pris à plus faible que soi ?!"

 

Des alertes à plusieurs reprises


Le garçon avait déjà été signalé à plusieurs reprises pour des comportements inadaptés, notamment d'ordre sexuel. Des appels qui sont restés lettre morte, et contre lesquels s'insurge aujourd'hui l'avocat de la famille Marmignon.

"C'était un adolescent qui était placé par le département, placé en plus dans une famille d'accueil" rappelle Me Hugo Van Cauwenberge. Une famille d'accueil qui avait "informé à de multiples reprises qu'il y avait des difficultés dans sa prise en charge". Lui estime qu'"il va falloir voir s'il y a des responsabilités, il va falloir que ce procès détermine un certain nombre de choses."

Le procès s'est ouvert vers 9 heures au tribunal pour enfants à Avesnes-sur-Helpe. La famille Marmignon est arrivée tôt sur place. "On attend beaucoup de la justice aujourd'hui, que l'assassin prenne le maximum" a souligné le grand-père. "On sait qu'il a reconnu les faits, mais pourquoi avoir fait une telle souffrance à notre petite-fille ? Ça, c'est terriblre... Parce qu'elle est partie dans des souffrances terribles."
 
Meurtre de Léa à Mairieux : "Pourquoi avoir fait une telle souffrance à notre petite-fille ? ©France 3 Nord-Pas-de-Calais

Florian risque jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. Le procès doit durer deux jours.
 
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