En direct Procès de Dominique Cottrez

Octuple infanticide de Villers-au-Tertre : l'audience minute par minute (3eme jour)

11:04

LES DERNIÈRES INFOS - Mis à jour le 29/06/2015 à 19:22

    Fin de ce live

    L'expert psychiatre en termine avec son rapport.

    L'audience ne devrait pas tarder à se terminer. 

    Fin de ce live, merci de l'avoir suivi. A demain.

    "Pas de déni de grossesse", note l'expert psychiatre

    On voit comment monte la problématique de rester clandestine dans ses grossesses successives. 
    [...]

    Je l'ai interrogée sur le fait qu'elle garde les corps sans essayer de les détruire ? Pourquoi vous ne les avez pas incinérés ? "Ca leur aurait fait mal", me répond-elle. 

    [...]
    C'était pas des bébés, c'était quelque chose que je refusais mais je savais que j'étais enceinte. Pas de déni de grossesse note l'expert. 

    "Traumatisée par le monde médical"

    Aide-soignante pendant 26 ans avec à ma connaissance aucun grief contre elle. Constance dans le devoir professionnel. Mais fonction considérée comme subalterne par le monde médical. Se sent déconsidérée encore et s'enferme

    Sur le plan psychiatrique. Consciente de sa vulnérabilité, [...] "elle a gardé en permanence une lutte avec elle-même aussi vaine que secrète".

    Elle dit de son mari "j'étais devenue sa routine". Sur l'inceste... Elle n'en parlera pas lors du premier entretien. Le psychiatre parle maintenant de son premier accouchement. De la ventouse. Du tutoiement de la sage-femme. Pas bonjour ni au-revoir de l'obstétricien dans un moment où on ne se sent pas le plus sûre de soi. Traumatisme psychique qui l'atteint et entraîne une décharge neuronique et ça se fige dans l'esprit et provoque une rupture avec les médecins. Consciemment et inconsciemment elle ne voudra plus montrer son corps aux médecins. 

    "Intelligence fine et aiguisée mais complexée", Michel Dubec, psychiatre, à propos de D. Cottrez

    Il y a cinq ans, c'était quelqu'un de fondamentalement différent. Le psychiatre précise qu'il était à l'audience toute l'après-midi. Il qualifie Dominique Cottrez d'"Intelligente, fine et aiguisée, mais complexée". Pas de répartie, ne riposte pas et "intériorise quand elle est blessée".

    Traumatisme lié à son obésité, le psychiatre rappelle que l'accusée pèse 85 kg quand elle entre en classe de 3e. Ce qui reste vrai : "excellent contact, bonne finesse d'analyse qui a probablement toujours été méconnue". C'est souvent le cas de gens très complexés. [...] Cherche à se faire comprendre à l'inverse de ce qu'on voit dans les affaires d'infanticides. Bon vocabulaire.

    L'expert revient sur le "sentiment d'infériorité honteux" lié à son obésité. A 12, 13 ou 14 ans reste à l'écart des autres enfants.  

    L'audience reprend

    D'où cette idée d'inceste est-elle venue, alors ?

    On essaie de comprendre maintenant. L'inceste était-il une stratégie de défense ? Un moyen inconscient de dire, c'est pas ma faute pour Dominique Cottrez ? Ou du moins de plaider les circonstances atténuantes.

    Ou plutôt : harcelée par les enquêteurs qui souhaitaient trouver une explication, Dominique Cottrez s'est-elle vu suggérer l'hypothèse d'un traumatisme infantil à plusieurs reprises, faisant naître en elle l'idée de l'inceste ?

    Suspension de séance 10 minutes.

    Me Carlier interroge maintenant l'experte psychologue

    On parle du regard des autres, celui qui a construit en partie Dominique Cottrez, mais cette dernière semble à mille lieues de cette discussion. Elle se tient la tête avec sa main droite, assise, et regarde par terre. Ne bouge plus depuis de longue minute, son dernier échange avec la présidente. Son autre avocat Me Berton tient une main sur sa bouche. 

    La défense de Dominique Cottrez va-t-elle être beaucoup plus difficile maintenant ? Le paradoxe, c'est que c'est lors de questions de son propre avocat que Dominique Cottrez a commencé à avouer quelle n'avait jamais eu de rapports sexuels avec son père. 

    "Il ne m'a pas touchée, jamais, ni enfant, ni adulte", Dominique Cottrez vis à vis de son père

    Anne Segond : Vous avez dit non à deux reprises à votre avocat tout à l'heure, pour dire quoi ? 
    Dominique Cottrez : Non je n'ai pas été violée par mon père. Il ne m'a pas touchée, jamais, ni enfant, ni adulte. Non j'ai jamais eu de relation avec lui. 
    - Je vous redemanderai demain pourquoi vous avez tenu ces propos... Réfléchissez... 
    - Vous saviez que ces huit enfants étaient de votre mari et Virginie aussi ? 
    - Oui

    Yves Crespin informe l'experte des dernières déclarations de D. Cottrez

    Me Yves Crespin, partie civile : je ne pense pas que l'on puisse poser des questions à Mme l'expert sans l'informer que Me Berton a interrogé sa cliente en lui demandant de jurer sur la tête de ses enfants qu'elle a été violée et que cette dernière a répondu non. 

    Ca pouvait d'ailleurs être interprété comme : "non je ne veux pas le jurer", ou "non je n'ai pas été victime de viol", précise l'avocat. 

    Il faut bien faire la différence entre consentir et obéir, précise en réponse la psychologue [...]. Comment peut-elle dire qu'elle a été violée puisqu'elle a trouvé de la tendresse dans le comportement de son père ? interroge cette dernière.

    Notion de complétude

    Notion de complétude. Complétude, signifie "être plein de". Dominique Cottrez se sent en partie vide. Etre enceinte, se serait pour elle la complétude. (tout comme manger, précisera la psychologue) Ce qui expliquerait pourquoi elle aurait finalement désiré être enceinte. Inconsciemment ?

    [...]
    Fragilité psychique de part son immaturité affective. Mais pas de psychose. 

    La présidente reprend la parole : on se rend compte qu'il y a un problème de constance du discours
    - Effectivement oui, elle est inconstante. Elle est constante dans : si j'avais été aimée, il ne se serait pas passé cela. Il ne faut pas oublier qu'elle est épileptique et dans l'épilepsie il y a une difficulté mnésique.

    L'obésité, d'un point de vue psychologique ?
    - La mauvaise alimentation donnée par la mère a tout de même une dimension affective. [...] Cela a pu se reporter un peu partout. La nourriture est liée à l'amour maternel. Dans des traumatismes aussi graves qu'un viol à 12 ans, il peut y avoir des réactions d'autant plus fortes par rapport à la nourriture ensuite.

    Conclusions sur l'état mental de D. Cottrez : pas psychotique mais un clivage entre vies pro et perso

    Psychose ? Sur le plan cognitif on s'aperçoit qu'elle a eu des examens scolaires. Mais lors des tests, l'émotionnel prend le pas sur l'intelligence, comme chez certains enfants. Elle ne fait que deux séries sur cinq. 

    Sur l'anxiété. Niveau nettement supérieur à la normale. Fort sentiment d'insécurité. 

    A énormément de mal à se voir comme un sujet, à se projeter comme une femme, ayant sa part à vivre dans le monde. Il y a également une peur identifiée de l'homme en général. 

    Conclusion : contact aisé, mais dévalorisation de l'image de soi. Semble avoir été depuis toujours en manque et en recherche d'amour. Elle n'est en rien psychotique selon ma collègue. Clivage entre sa vie professionnelle qui sert de pansement narcissique sur sa vie personnelle, nettement moins bien de son point de vue. Phobie du corps médical. Immense solitude

    Assommés après ce coup de théâtre ?

    Presque tout le monde baisse la tête au procès dans la salle d'audience comme assommé par les révélations précédant la suspension d'audience. La présidente lit un rapport en silence, Frank Berton pianote sur son smartphone, les journalistes préparent sur la mezzanine leurs papiers du soir ou alimentent leur livetwitte. Mais l'attention ne semble pas "au top" pour la psychologue qui lit son expertise. 

    Rappel : Dominique Cottrez poussée de répondre aux questions de son avocat a finalement déclaré qu'elle n'avait pas été violée par son père. Voir précédemment dans le live. Reste la question de savoir si les rapports sexuels avec son père ont existé après l'enfance. La cour devrait revenir dessus ultérieurement. 

    16h45 : l'audience reprend, une psychologue en visioconférence

    Cathy Lorenzo, psychologue, a examiné Dominique Lempereur Cottrez en février 2011 et en mai 2011 avec une autre enquêtrice psychologue. 

    Cathy Lorenzo n'a pas fait faire de tests à D. Cottrez. Une autre psychologue s'en est chargée.

    A l'évocation de son père, elle pleure et dit : "j'avais un secret avec mon père, des gestes puis une relation sexuelle vers 10 ans. Jamais parlé à personne car j'avais honte" rapporte l'enquêtrice des propos tenus en février 2011 par l'accusée.

    On ne sait si l'enquêtrice est actuellement au courant des dernières révélations de l'audience. Cela ne semble pas le cas. 

    Coup de théâtre : Dominique Cottrez revient sur ce qu'elle a dit, acculée par son avocat

    Me Berton : - Madame vous jurez sur la tête de vos filles que votre père vous a violée ?
    Dominique Cottrez : - Non, je ne jure pas
    - Il vous a violé ou il vous a pas violée ?
    - Non 

    Audience suspendue. 

    Le porter, mais pas le mettre au monde ?

    Me Frank Berton pose une série de questions à sa cliente. Après qu'Eric Vaillant ait essayé - en vain - de faire craquer Dominique Cottrez sur l'histoire d'inceste, Me Berton prend la parole et affirme ne pas comprendre que des gens pensent que l'on peut se permettre d'inventer un inceste. Puis évoquant la possibilité d'avoir un enfant de son père, Me Berton interroge sa cliente : vous auriez été capable de le porter mais pas de le mettre au monde ?
    [...]
    Me Berton : - Est-ce que vous avez le sentiment d'être normale ?
    [...]
    Dominique Cottrez : - Non, c'est trop compliqué

    - La dernière naissance est en octobre 2000, votre père meurt en 2007, cela vous aurez aidé qu'il vous dénonce ? Et Me Berton de s'énerver contre sa cliente dont il n'a pas l'impression qu'elle suit ce qu'elle dit. 

    "Immense salopard"

    Annelise Cau : il était au courant de tout cela votre père ? 
    Dominique Cottrez : Oui
    - Des meutres de bébés aussi ? 
    - Oui.

    Eric Vaillant : votre père vous a volé votre virginité ? 
    Dominique Cottrez : oui
    - Pierre-Marie s'est donc aperçu qu'il n'était pas le premier
    - Oui, enfin... Il ne me l'a pas dit. 

    [...]
    Mme Cottrez, j'en arrive à la conclusion que si votre père a fait tout ce que vous dîtes, c'est un immense salopard. Mme Cottrez ne vous a-t-on pas poussée à dire cette histoire d'inceste ? 
    - Non
    - Il n'est pas trop tard pour dire la vérité... Mais mesurez bien l'enjeu...

    [...]
    Silence. Me Berton intervient. 

    Et après 1993 ?

    Me Costantino : si vos rapports s'arrêtent en 1993, il n'y a pas ensuite de relations sexuelles qui soient de nature à donner lieu à la naissance d'un enfant... 
    Dominique Cottrez : Je disais cela pour les premiers...

    Annelise Cau, adjointe de l'avocat général : Je note que l'on avait à peu près six versions avant ce procès et qu'on en a une septième aujourd'hui. Pourquoi ? Est-ce confus dans votre tête ? Pardonnez moi mais j'essaie de voir plus clair, mais je n'y arrive pas...
    Dominique Cottrez : c'est très confus... La vérité est dans ce que j'ai dis aujourd'hui. 

    L'heure de la confidence

    Apparemment, le père de Dominique Cottrez, Oscar Lempereur, était, selon les dires de sa fille, au courant des grossesses cachées. Mais le père et la fille n'en parlaient pas plus que cela entre eux : 

    Dominique Cottrez : - Je suis déprimée, je pleure
    La présidente : - Votre père ne fait rien ? 
    - Non
    - Et vous continuez votre relation ? 
    - Oui
    - Ça c'est passé à chaque grossesse ? 
    - Oui.
    - Il vous demandait ce que vous faisiez des enfants ? 
    - Non. Une fois il m'a demandé lorsque j'ai déménagé. 

    “Vous dites que vous ne parlez pas à votre père de ses grossesses cachées, mais à quoi il vous sert affectivement votre père, si vous ne pouvez pas parler de cela.”

    La présidente à Dominique Cottrez

    Des relations sexuelles de 1988 à 1993 ?

    - Vous ne preniez plus la pilule ? 
    - Non
    - Vous ne réfléchissez pas à cela ?
     - Je ne pense pas à ce qui peut arriver

    - Quelle est la relation sexuelle que vous avez avec votre père ? 
    [...]
    - Il y a pénétration et éjaculation
    - Pourtant dans le dossier vous aviez dit qu'il se retirait pour éviter les conséquences... 
    - Oui, mais je le sentais quand même...

    Décédé en 2007 à l'âge de 84 ans, Oscar Lempereur aurait selon les dires de sa fille eu des relations sexuelles avec elle jusqu'à 70 ans. A priori de 1988 et pendant 5 ans Dominique Cottrez a eu des relations sexuelles avec son père. 

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