À Beauvais, les salariés de Froneri se mobilisent pour sauver leurs emplois

Publié le Mis à jour le
Écrit par V.P. avec Sophie Crimon

Le 10 octobre, les 317 salariés de l'usine Froneri de Beauvais ont appris que le site allait fermer en mars 2019, et ce malgré une bonne santé économique. Ce 27 octobre, les employés de cette usine, qui fabrique des glaces pour Nestlé, ont essayé de sensibiliser la population à leur situation.

Devant l'usine Nestlé-Froneri de Beauvais, des croix ont été plantées pour signer la mise à mort de l'établissement. Le 10 octobre, les 317 salariés ont appris, sans moindre signe avant coureur, la fermeture du site lors d'un comité d'entreprise extraordinaire. Ici, c'est la surprise : l'usine beauvaisienne, qui fabrique des glaces pour Nestlé, se porte bien et le groupe Nestlé y réalise 2,5 milliards de chiffre d'affaires.



"Avec tout l'argent qu'ils se sont fait, c'est inadmissible de fermer l'usine. On a travaillé les samedis, travaillé jusqu'à 22 heures, pour montrer que l'usine fonctionnait. Et arrivés là... on nous apprend qu'elle va fermer."

 

Une usine en bonne santé

Artisans des cônes, mystères, et autres bûches glacées, les salariés fabriquent le fleuron des produits Nestlé. S'ils se sont réunis pour distribuer des tracts sur le marché de Beauvais ce 27 octobre, c'est qu'il ne comprennent pas l'annonce brutale de la fermeture de leur usine, qui affiche une croissance continue depuis 10 ans.



"Pour eux on n'est rien. Pourtant, en 2017 et 2018, on a vendu 9% de plus. Les litrages augmentent aussi," note Fabienne Gouillaud, employée à Froneri depuis 1979. À ses côtés, Rémy Duhamel, délégué syndical, abonde en son sens : "On tourne tout de même en 3-8. Nous avons une ligne haute cadence qui fait 600 cônes à la minute, 24h sur 24. Par contre, ce qui les intéresse, c'est prendre notre outil et de le délocaliser pour que [la production] revienne moins chère."

 

Produire à moindre coût

Pour cela, le groupe entend répartir la production sur d'autres usines situées à l'étranger et en Bretagne. À Beauvais ,  ces licenciements  jettent  un froid .



Les syndicats sont unis pour sauver l'usine qui a prit le nom de Forneri il y a 2 ans. "Nestlé a créé cette entité pour laisser faire les licenciements à Froneri et préserver son image, mais ce qui arrive aujourd'hui au site de Beauvais est de l'entière responsabilité du groupe Nestlé," explique Thierry Aury, responsable départemental du Parti communiste.



Par cette fermeture, 317 licenciements et 183 intérimaires , soit 500 personnes, risquent de perdre leur emploi. Les salariés des surgelés démarrent les actions en essayant de garder leur sang froid.



 

Notre reportage à Beauvais (Oise)





 
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