Orpea Beauvais : les salariés en grève réclament le versement de la prime d'intéressement

Publié le Mis à jour le

Les salariés de la maison de retraite Orpea - "Le Clos de Beauvaisis" à Beauvais sont en grève lundi 23 mai 2022. Ils dénoncent une maltraitance institutionnalisée par le manque de personnel et l'annonce du non versement de la prime d'intéressement. La CGT Action sociale appelle à un mouvement de grève national dans tous les établissements du groupe les 2 et 3 juin prochain.

Deux mois après un premier débrayage, environ 80% des salariés de la maison de retraite Orpea - "Le Clos de Beauvaisis" à Beauvais sont en grève ce lundi 23 mai 2022, selon les salariés rencontrés sur place.

C'est de la maltraitance institutionnalisée

Loïc, aide-médico-psychologique

Ils réclament la revalorisation des salaires, dite "Ségur 2", de 183 euros net (octroyée uniquement aux personnels des établissements publics), une prime d'assiduité et une prime grand âge. "Ces revendications ont été envoyées au siège : on n'a eu aucune réponse depuis trois mois maintenant", assure Loïc.

La maison de retraite "Le Clos de Beauvaisis" compte une quarantaine de salariés, dont 16 auxiliaires de vie et aides-soignants et trois infirmières pour 84 résidents. Insuffisant pour les grévistes, qui dénoncent le manque de personnel à l'origine d'"une maltraitance institutionnalisée".

"Quand on effectue une toilette et qu'on entend une sonnerie sur une autre porte, on nous demande de réagir dans les 10 minutes. C'est extrêmement compliqué pour nous d'effectuer une toilette et de répondre à un soignant qui a une demande particulière. Alors on s'adapte. Chaque soignant doit être multitâche."

Les conditions de travail révélées dans un livre-enquête 

Cette grève a été décidée suite à la décision de la direction du groupe Orpea de ne plus verser pour les trois prochaines années la prime d'intéressement de 750 euros par an.

"C'est sur eux qu'ils vont faire des économies pour pouvoir éventuellement rembourser ce qu'ils ont piqué d'argent public", s'indigne Eric Couq, secrétaire général de l'Union départementale CGT Oise.

La colère des personnels du groupe, et plus généralement de toutes les maisons de retraite, a éclaté suite à la parution, en janvier, du livre-enquête Les Fossoyeurs de Victor Castanet. Le journaliste y révélait les conditions souvent indignes qui prévalaient au sein des établissements du groupe Orpea.

Une grève nationale les 2 et 3 juin 

"Après la sortie du livre, comme par hasard, on a eu deux embauches. On a trouvé ça un petit peu mystérieux.", assure un peu amer Loïc.

La CGT Action sociale a appelé à une grève dans l'ensemble des sites du groupe Orpea les 2 et 3 juin prochains.