Ces enfants scolarisés dans l'Oise qui dorment dans la rue

Solidarité citoyenne ce lundi 30 septembre pour accompagner une famille avec ses 2 enfants à la maraude du Samu Social de l'Oise. / © RéseauVeilléeDesEcoles60
Solidarité citoyenne ce lundi 30 septembre pour accompagner une famille avec ses 2 enfants à la maraude du Samu Social de l'Oise. / © RéseauVeilléeDesEcoles60

Familles expulsées de leur logement, des écoliers à la rue, les cas ne sont plus rares dans l'Oise. Pour informer et alerter les autres parents d'élèves de cette situation, des actions citoyennes se multiplient.

Par Camille Di Crescenzo

Vendredi 27 septembre, un collectif d'enseignants, personnels et parents a occupé l'école Albert Camus de Creil en soutien à une famille géorgienne avec deux enfants qui étaient à la rue. Celle-ci a été depuis relogée dans un camping.

Depuis ce lundi, une nouvelle famille, d'origine arménienne, a été expulsée à 14h de son logement. Leurs deux enfants, 5 et 7 ans, scolarisés dans les écoles Gérard de Nerval, se retrouvent aussi dehors avec leurs parents. 
La solidarité s'est immédiatement organisée. Enseignants, personnels et parents, au total, une soixantaine de personnes ont accompagné la famille jusqu'à la gare de Creil pour attendre la maraude du Samu social qui propose des hébergements d'urgence pour une nuit aux sans-abris. 

"Ce n'est pas acceptable confie un enseignant. On a une responsabilité en tant qu'enseignant pour dire qu'il y a danger".
"On ne peut pas laisser passer ça" dit une autre qui s'offusque de la situation.

Ce soir, le collectif raccompagnera la famille à la maraude de Creil "en espérant trouver le plus rapidement possible une solution". 
 

Des actions citoyennes s'organisent


Enseignants et parents ont décidé d'agir pour mettre à jour cette situation. Ils appellent à un rassemblement ce mardi 1er octobre à 16h30 devant le groupe scolaire Nerval à Creil.

À Beauvais, un goûter solidaire aura lieu vendredi 4 octobre à 16h30 devant l'école élémentaire Camus . Dans cet établissement, deux écoliers sont actuellement sans logement. Cette situation d'urgence dure déjà depuis un mois. 
"C'est la première fois qu'on mène une action, remarque une enseignante, il y a une prise de conscience de ce côté anormal de la situation". 
En attendant que leur soit trouvé un logement pérenne et décent, le collectif gère un ravitaillement citoyen. Un petit déjeuner est servi aux enfants avant 8h30 et après 16h30 ainsi qu'un paquet qui leur est remis le vendredi soir pour le week-end.

"C'est une situation inédite déclare Pierre Ripart, secrétaire départemental du SNUipp-FSU Oise. Selon le syndicat enseignant, il y aurait à ce jour une dizaine d'enfants scolarisés à la rue dans la cité de Jeanne Hachette, une dizaine à Compiègne et deux à Creil. "En 10 ans, je n'ai jamais vu ça, autant de familles à la rue. Certaines depuis un mois !"  ajoute Pierre Ripart.
 

Au cas par cas


De son côté la préfecture souligne la complexité de l'affaire. À chaque famille, un dossier qui doit être étudié au cas par cas. Certaines d'entre elles ont demandé l'asile politique. Les dossiers sont en cours. Selon la situation, toutes n'ont pas accès aux mêmes hébergements. 
L'hébergement des demandeurs d'asile est géré par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) pendant l'instruction. Pour ceux qui obtiennent le droit d'asile, ils pourront rester sur le territoire et demander un logement. Dans ce cadre, l'Oise dispose de 1500 places. 

Ceux dont la demande d'asile a été rejetée, sont pris en charge par le 115. Près de 700 places dans des structures pérennes sont réparties dans tout le département et 800 dans des hôtels.

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