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Arrestation de Redoine Faïd : “on a toujours l'appréhension de savoir ce qu'on va trouver derrière la porte”

L''immeuble où Redoine Faïd a été arrêté, le 3 octobre 2018 à Creil. / © JACQUES DEMARTHON / AFP
L''immeuble où Redoine Faïd a été arrêté, le 3 octobre 2018 à Creil. / © JACQUES DEMARTHON / AFP

Frédéric Doidy, chef de l'Office central de lutte contre le crime organisé qui a coordonné l'arrestation de Redoine Faïd avec la police judiciaire de Versailles, revient sur l'enquête autour de l'évasion du braqueur et son dénouement. 

Par ML et NP

Ce n’est finalement qu’à une centaine de kilomètres de la prison de Réau (Seine-et-Marne), d’où il s’était évadé par hélicoptère le 1er juillet dernier, que la cavale de Redoine Faïd a pris fin. Le braqueur a été arrêté mercredi à Creil, concluant trois mois de traque menée par Frédéric Doidy, chef de l'Office central de lutte contre le crime organisé, et ses hommes. « C'est un vrai succès, se félicite-t-il au micro de France 3. Lorsqu'il s'évade, et à la lumière des éléments qui sont portés à notre connaissance assez rapidement, on peut penser que cette cavale va durer très longtemps. Trois mois, à la lumière de la peine qu'il avait à purger en prison, 25 ans, c'est assez rapide. »
 

Le 24 juillet, Redoine Faïd avait échappé de peu aux forces de police. Passager d’une voiture qui avait refusé de se soumettre à un contrôle de gendarmerie à Sarcelles (Val-d’Oise), le braqueur était parvenu à s’échapper. C’est finalement dans l’Oise que l’arrestation a eu lieu, sans surprise pour Frédéric Doidy. « C'est son fief. C'est un endroit qu'il connaît par coeur. Il y a ses attaches. C'est là qu'il a fait ses premières armes dans le domaine du banditisme donc il connaît à la fois le secteur mais aussi les malfaiteurs qui peuvent l'aider au quotidien. Une cavale, ça coûte cher. Il faut de l'argent, il faut aller voir des gens qui peuvent vous aider. »
 

"Le premier réflexe, c'est de dire : "c'est lui"."


Quelques jours avant le coup de filet, les enquêteurs repèrent une personne vêtue d’une burqa. « Il faut qu'on s'intéresse à cette personne parce que, manifestement, c'est un homme qui est grimé, narre Frédéric Doidy. Quel intérêt pour un homme d'être grimé si ce n'est pas quelqu'un qui veut se soustraire à la police ou à la justice ? Quand on est dans le cadre d'une enquête qui porte sur l'évasion de Redoine Faïd, bien évidemment le premier réflexe, c'est de dire : "c'est lui". Après, il ne suffit pas d'avoir des idées, il faut avoir des certitudes. La certitude, on l'a après, au travers d'autres éléments d'enquête : de la surveillance physique, des déplacements de voiture, un travail de téléphonie. »
 

Les forces de l’ordre décident alors de procéder à l’interpellation. Celle-ci a lieu aux environs de 4h30 du matin. Elle mobilise les hommes de l'Office central de lutte contre le crime organisé et ceux de la police judiciaire de Versailles. « On a toujours l'appréhension de savoir ce qu'on va trouver derrière la porte. On n’est jamais à l'abri d'avoir quelqu'un qui nous a entendus, qui nous attend et qui, lorsqu'on va ouvrir la porte, va nous tirer dessus. Encore d'avantage quand l'individu qu'on vient chercher, c'est Redoine Faïd : quelqu'un qui s'est évadé avec des armes, qui a été condamné pour des braquages, impliqué dans des affaires de meurtre. »
 

L’opération se déroulera sans heurts. « Il a été calme, conclut Frédéric Doidy. Il est menotté et se laisse faire sans difficulté. » Le frère du braqueur, Rachid, et deux de ses neveux ont également été interpellés et placés en détention provisoire. Redoine Faïd, lui, a été incarcéré jeudi au sein de la prison de Vendin-le-Vieil.

 

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