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“Intelligence Campus” à Creil : l'armée reprend la main

© Alexandre MARCHI/PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP
© Alexandre MARCHI/PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

Officiellement lancé le 23 mars 2017 par le Ministre de la Défense, l'Intelligence Campus avait pour objectif de réunir militaires, chercheurs et start-up sur la base militaire aérienne Guy de la Horie, à Creil. Un concept unique en Europe... aujourd'hui remis en question.

Par Célia Vanier

C'est juste après les attentats de 2015 que le projet est né... Un "Intelligent Campus" devait voir le jour dans un hangar désaffecté sur la base militaire aérienne Guy de La Horie, alias base aérienne 110, à Creil. 

Le lieu devait devenir un pôle d’excellence du renseignement, associant l'intelligence humaine et artificielle en réunissant chercheurs, universitaires et sociétés privées et renseignement militaire.

Plusieurs grandes entreprises comme Atos, Axa, Airbus, Capgemini ou Thales, des start-up comme Photonis, Keyrus ou Lucias, mais aussi avec le CNRS, Polytechnique, l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, la Sorbonne, Télécom ParisTech, devaient être mêlées au projet et constituer un réseau de plus de 160 entreprises.


Changement de cap

Lundi 19 mars, on apprend par nos confrères des Échos que le projet tel que présenté par l'ancien ministre de la Défense Jean-Yves le Drian n'aboutira pas. "Les acteurs privés devront quitter le projet [...] Selon nos informations, l'association, qui mobilise 170 entreprises telles que Thales, Atos, Airbus ou Axa, va devoir fermer ses portes d'ici une dizaine de jours."

Une information confirmée par le maire PS de Creil, Jean-Claude Villemain : "C'est une action interministérielle qui devient une action de pure défense", commente l'élu.

Le chef de projet nommé à l'époque, Eric Garandeau, haut fonctionnaire et ancien président du CNC (Centre national du cinéma) a été remplacé par Caroline Gervais, ingénieure générale de l’armement. Une preuve de la volonté du ministère des Armées de mettre le renseignement militaire au coeur du projet. 


Un projet trop ambitieux ? 


"Le campus tel que défini dans sa première version a été jugé trop important, avec trop d'activités." Le contrôleur général des armées aurait rendu un rapport qui jugerait le projet initial "surdimensionné et à l'efficacité encore à démontrer." 

Le maire de Creil attend d'en savoir davantage. "Il était question de subventions de la part des collectivités, notamment l'agglomération creilloise. Mais ce que nous voulons, c'est investir dans des laboratoires, des bureaux, pour attirer les entreprises."

Lors du lancement du projet, la création de 500 à 1000 emplois avait été annoncée d'ici à 2025. "On attend qu'ils nous sollicitent pour un nouveau projet. Il faut leur laisser un peu de temps pour revoir leur périmètre d'intervention", conclut l'élu. 


Base aérienne 110 Creil

La base aérienne 110 Creil "Lieutenant-colonel Guy de La Horie" accueille depuis plusieurs années la Direction du renseignement militaire (DRM). De la Libye à l'Afghanistan en passant par la piraterie au large de la Somalie, la DRM a préparé de nombreuses opérations extérieures. Son objectif, mieux connaître l'ennemi pour mieux le combattre. Les experts qui y travaillent décryptent quotidiennement des milliers d'images captées par les satellites français ainsi que des images de drones. 

En 2016, sa plateforme aéronautique a été définitivement fermée dans le cadre du plan de transformation des armées

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