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Noyon : une maman lance un appel sur les réseaux sociaux pour aider sa fille victime de harcèlement scolaire

Sur Instagram, le témoignage de Nélya, 4 ans, victime de harcèlement scolaire selon sa maman - Février 2019 / © Compte nelyacompagnie.fr
Sur Instagram, le témoignage de Nélya, 4 ans, victime de harcèlement scolaire selon sa maman - Février 2019 / © Compte nelyacompagnie.fr

Désemparée face au harcèlement scolaire dont sa fille métisse est victime depuis septembre, une maman lance un appel à l'aide sur les réseaux sociaux. La petite Nélya, 4 ans, scolarisée à Noyon, recevrait des coups et des insultes à caractère raciste de la part de ses camarades de classe.

Par Eline Erzilbengoa


"Ils disent que je suis moche, que je ressemble à un singe, ils me tapent alors que je ne leur ai rien fait." Filmée par sa maman, la petite Nélya, 4 ans, témoigne du harcèlement dont elle est victime à l'école. 

Un mal-être que ses parents remarquent dès le mois de septembre. "Elle est rentrée plusieurs fois de l'école le visage boursouflé, les vêtements déchirés", raconte sa maman sur son compte Instagram professionnel. 
 
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Je tenais d'abord à tous vous remercier, du plus profond de mon cœur. Être maman et se sentir impuissante face à la détresse de son enfant est une sensation horrible, presque inhumaine et cruelle. Mon mari et moi-même avons mûrement réfléchi avant de délivrer notre histoire sur les réseaux sociaux. Nous avons contacté l'école, quémandé l'aide du maître, voire supplié la direction de réagir, en vain... Ma fille rentrait le visage boursouflé, hurlait quand il fallait la déposer à l'école et faisait des crises d’angoisse le soir. Que dire ? Que faire ? Comment réagir ? On ne savait plus. On avait beau la rassurer, la cajoler, elle en vient à manquer de confiance en elle-même, et craint de ne plus être jolie. Le matin quand il s’agit de l’habiller pour l’école, elle nous dit quotidiennement que les autres enfants la trouvent moche, qu’ils se moquent d’elle et de sa couleur de peau. À tel point, qu’un après-midi elle a pleuré en me demandant d’avoir la même couleur de peau que sa petite sœur, Dounia, qui est blanche. Comment justifier un tel mal-être chez une petite fille, un bébé de 5 ans ? La détresse a laissé place à la révolte, à la rage. La rage de les dénoncer, de dénoncer ce sytème éducatif incompétent. Ce système à qui on confie nos enfants, qui est censé garantir sa sécurité et son bien être, mais qui finalement l’abîme, le traumatise. On a tapé du poing sur la table, on a crié, essayé de parler aux parents. Rien n’y fait. On est presque pointé du doigt comme menaçant parce qu’on défend notre enfant. L’enfance est censée être une période d’insouciance, remplie de beaux souvenirs et de rires. Où est l’innocence quand ma fille est violentée ? Où est l’innocence quand elle est mise à part parce qu’elle est métisse ? Le personnel éducatif ferme les yeux. C’est donc ça qu’on inculque aux enfants ? À fermer les yeux face à l’injustice et à se taire ? C’est ça qui induit le racisme plus tard, qui induit l’oppression et la détresse. Voilà pourquoi nous avons fait cet appel. Pour Nélya, pour ma fille, mais aussi pour toutes et tous les Nélyas. La Suite en commentaire #nosenfantssontnelya

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Les parents tentent de prévenir le personnel éducatif de l'école Joseph-Pinchon de Noyon. Après une sortie scolaire, le papa constate les faits et prévient les enseignants. "On lui a répondu que ce qu'il se passait à l'école restait à l'école", affirme la maman de Nélya. 

Malgré des courriers envoyés à la direction et à l'inspection académique, la situation n'évolue pas selon les parents. Ils décident alors de raconter leur histoire sur les réseaux sociaux. 
 

De nombreux partages et commentaires


Les publications sur le compte nelyacompagnie.fr sont largement relayées, notamment par des personnalités comme l'acteur Omar Sy ou le joueur du PSG Layvin Kurzawa.
 

Un soutien précieux pour la maman de Nélya. "Nous ne sommes pas là pour faire le buzz, nous voulons juste que notre fille soit contente d'aller à l'école, nous avons besoin d'être entendus", confie-t-elle toujours sur son compte Instagram.
 


Protocole harcèlement mis en place


Pour le cas de Nélya, le rectorat a mis en place le protocole harcèlement qui consiste à observer les comportements des enfants sur une période d'une semaine. "Au bout de deux jours, nous avons été contactés pour nous dire que notre fille était fragile et qu'il fallait qu'elle aille voir un psy", relate la maman.

Énième recours, la famille a déposé plainte à la gendarmerie pour "non-assistance à personne en danger". Une plainte classée sans suite selon le Parquet. 
 

L'école prise à partie 
 

L'école Joseph-Pinchon de Noyon a aussi porté plainte. Depuis le témoignage de la maman de Nélya mis en ligne sur les réseaux sociaux, elle a reçu de nombreux messages et appels malveillants.

Des parents d'élèves ont donc tenu a faire part de leur soutien à l'équipe enseignante. "Notre but n’est pas de nous mêler de la procédure, qui a été respectée, mais de déplorer le lynchage anonyme de l’établissement et de ses quatre enseignants. Non, notre école n’est pas raciste. Lire de tels propos sur les réseaux sociaux, on ne peut pas l’accepter", a confié Hanane, déléguée des familles à nos confrères du Courrier Picard.

L'inspecteur d'académie, Jacky Crépin, appelle aussi à l'apaisement. "Nous avons une école qui a la confiance de la plus part des parents, il faut que nous gardions cela, c'est précieux", a-t-il affirmé.
 

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