Olympiades des métiers : les candidats des Hauts-de-France déterminés pour la finale nationale

© WorldSkillsFrance/Région Hauts-de-France
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65 jeunes des Hauts-de-France sont en lice pour la finale nationale des Olympiades des métiers, qui se déroulent à Caen du 28 novembre au 2 décembre. Ébénisterie, robotique, jardinerie-paysagisme... Les disciplines sont de plus de plus variées, mais la compétition toujours acharnée. Portraits.

Par Valentin Pasquier

Une délégation de 65 jeunes des Hauts-de-France se déplacera à Caen, du 28 novembre au 2 décembre, pour les finales nationales de la 45e édition des Olympiades des métiers. Les candidats sélectionnés concourront dans une cinquantaine de métiers, allant de la chaudronnerie à la robotique, en passant par la miroiterie et l'horticulture.

Tous ont commencé à se préparer au printemps dernier. Thomas Devos, apprenti en chaudronnerie à Proméo à Beauvais est rôdé: c'est sa deuxième participation aux Olympiades et il connaît bien son épreuve. "On doit réaliser une pièce en métal que l'on découvre le jour J, décrit-il. L'épreuve est divisée en trois modules, au cours desquels je dois fabriquer une partie de cette pièce." Pour cette édition, aucun indice n'a été dévoilé par les organisateurs normands. Acier, inox, aluminium, il ne sait pas quel métal il va devoir façonner. "La dernière fois à Bordeaux, on devait concevoir une poubelle d'angle en inox... Là je m'attends à une pièce plus compliquée, qui est toujours en rapport avec la région hôte."
 

Internet, le codage, nouveaux artisanats ?

Les Olympiades ont 45 ans mais elles ont évolué avec la technologie. Les métiers d'internet et de l'informatique y sont aujourd'hui représentés, comme la robotique, la mécatronique ou le web design. Mathis Dupré concourent en équipe avec Valentin Pitre en robotique mobile. Les deux étudiants de l'école d'ingénieurs de Polytech Lille devront guider un robot à travers un labyrinthe.

"On part d'un kit de pièces commun, avec lequel chaque équipe développe un robot, explique Mathis Dupré. Ce kit comprend notamment un moteur, un capteur, des pinces, etc. Ensuite, à nous de développer une manette pour diriger ce robot." Le jour de l'épreuve, chaque duo arrive avec son robot construit et sa manette, mais doit tout reprogrammer en fonction du labyrinthe qu'on leur présente. Le robot doit être capable d'aller chercher une balle située au centre du dédale, de la capter avec ses pinces, puis de resortir... tout en évitant de toucher les parois. "Dans un second temps, nous devons le guider sans voir directement le labyrinthe, à l'aide d'une caméra montée sur le robot. Puis enfin, dans la dernière épreuve, laisser le robot réaliser son parcours en totale autonomie. Et c'est vraiment le plus difficile".
 

Camille Devos a lui aussi été sélectionné en équipe, en compagnie de son binôme Yoann El Mouaddab. Tous deux participent en mécatronique : ils dirigent des robots dédiés à une tâche industrielle. "Nos épreuves se divisent entre de la mise en service, c'est-à-dire du montage et des tests de fonctionnalité, mais aussi des épreuves de maintenance," à savoir de la réparation, indique l'étudiant en apprentissage à Valenciennes. Les deux acolytes étudient leur logiciel de pilotage depuis mai, et on même apporté les maquettes chez eux pour les apprivoiser.
 

La pression du public

Arthur Eichelberger doit lui aussi réaliser des maquettes, mais celles-ci concernent des sites internet. Avec son coach, il "bachotte" de nombreux exemples de réalisations pour être fin prêt le jour J. "On s'entraîne à raison de 3 heures par jour en semaine, un peu plus le week-end, évalue-t-il. "On s'exerce en duo pour optimiser notre temps lors de l'épreuve : l'un doit programmer le robot tandis que l'autre doit écrire les lignes de code," résume Mathis Dupré. La présence du public est aussi un facteur à prendre en compte : le vétéran qu'est Thomas s'en souvient. "Il y avait 70 000 personnes dans le public, les télés, M. Macron, alors ministre. C'est une grosse pression !" Et donc un exercice supplémentaire à travailler.

Tous espèrent briller à cette compétition national pour espérer atteindre les Euroskills de Budapest (Européennes) ou le mondial de Kazan, en Russie, en 2019. "J'ai pas d'autre objectif que de d'avoir la médaille d'or, assure Camille Devos. J'aime bien ce côté compétition, le fait de pratiquer notre métier dans le domaine de la performance. Si le résultat n'y est pas, c'est tout de même une belle ligne sur le CV. On fait plein de rencontres, on partage notre passion commune." La participation est souvent synonyme d'embauche. "C'est grâce au concours que j'ai pu obtenir mon apprentissage, confie Thomas. C'est même mon entreprise qui est venue me démarcher, sachant que je participais !"
 

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