"Le cheval, miroir de nos émotions", l'équicoaching au service de l'entreprise

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Adapter sa communication, développer son leadership, gérer ses émotions... Cécile Parquet, équicoach basée près de Senlis (Oise), propose des formations en développement personnel et professionnel assistées par des chevaux.

"Moi, je ne murmure pas à l’oreille des chevaux." Une boutade lancée à la volée dans ce groupe de 10 stagiaires, des cadres d’IECF-Pesier, une entreprise d’électricité industrielle basée à Rosny-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Pour la plupart d'entre-eux, l'équicoaching est une découverte et les chevaux, des souvenirs d'enfance, plus ou moins heureux. Curiosité et appréhension se mêlent à l'idée d'approcher leurs trois partenaires : Cali, un petit cheval, Juan, un espagnol gris et un étalon, Altaïr.

La séance d'équicoaching commence par une présentation de la discipline, née dans les années 90 aux États-Unis et qui ne cesse de se développer à tel point qu'aujourd'hui, de grands groupes comme Enedis ou L'Oréal font désormais appel au coaching assisté par le cheval.

Le cheval, miroir de nos émotions

"Le cheval est hypersensible. Il peut détecter nos battements de cœur, nos émotions. Si on est triste, il le sent, si on est énervé, il le sent également. Il capte nos intentions et tout ce que nous dégageons puis il nous le renvoie par son attitude. C’est un formidable miroir de nos émotions. C’est cela que nous utilisons en équicoaching", explique Cécile Parquet, fondatrice d'Action Equicoaching.

Cavalière depuis son enfance, Cécile Parquet est équicoach aux écuries de Balagny à Chamant, près de Senlis dans l’Oise. Elle propose des séances individuelles ou collectives à des entreprises ou des particuliers. Objectif : améliorer la communication verbale ou non-verbale au sein des équipes, renforcer la cohésion de groupe, travailler sur le leadership, sur la confiance en soi ou tout simplement apprendre à mieux gérer ses émotions et son stress. En entreprise ou dans sa vie personnelle.

Pas la peine de savoir monter à cheval, les séances d'équicoaching se font à pied, en toute sécurité. Le cheval évolue en liberté sous le regard de la coach. Lors d'une première séance, Cécile Parquet propose aux stagiaires de mettre en mouvement le cheval, au pas, au trot, au galop et de l'arrêter. Pour les participants, il s'agit d'adapter leur communication, leur voix, leur corps, leurs positionnements, pour se faire comprendre. Un exercice qui permet de travailler la confiance en soi et sa capacité à trouver les ressources nécessaires face à une difficulté. "Le cheval réagit en fonction de la cohérence de notre demande", assure la coach. "Si la demande est juste, la réponse sera juste", poursuit-elle.

Pas simple face à un animal de 500 kg qui n'a pas toujours envie de faire ce qu'on lui demande ! Chez les participants, fous rire, désarroi, ou encore énervement mais aussi beaucoup de fierté quand le cheval comprend et se plie à la demande. "Normalement, je n’approche pas les chevaux. Là pour une fois, je suis allé au-delà des mes appréhensions ! Cela fait plaisir. Je suis rassuré", sourit Philippe, Responsable administratif et financier IECF-Pesier.

"C’était super compliqué d’arriver à guider le cheval. C’est un peu comme si nous managions des collaborateurs. On essaye de rentrer en contact. On essaye d’adapter son langage, c’est assez similaire à ce que l’on peut vivre dans nos entreprises", confie Kenza, chargée d'affaires, adjointe au Responsable des travaux, avant d'ajouter : "Ce n’est pas évident de pouvoir s’imposer surtout en tant que femme. Dans le bâtiment, il y a beaucoup d’hommes."

La cohésion de groupe

Autre exercice, mais cette fois-ci en équipe. Cheval en main, un stagiaire évolue à l'aveugle, les yeux bandés. Il doit parcourir une certaine distance en s'appuyant sur les directives de son équipe : "à droite, tout droit...".

Cet exercice aborde la capacité à communiquer clairement et à développer la confiance en son équipe, expose la fondatrice d'Action Equicoaching. "Il s’agit d’adopter une stratégie commune pour une mission. Cet exercice montre également la place de chacun dans une équipe, qui va diriger, qui va être plutôt en retrait, qui va être là pour soutenir les autres", précise Cécile Parquet.

 "Toi qui avais les yeux bandés, tu as eu l’impression que les ordres étaient bien répartis ?", questionne la coach. Tout est passé au crible. Elle étudie les mouvements des co-équipiers, leur positionnement par rapport au cheval et aux autres et analyse chaque étape tout en faisant le lien avec le contexte professionnel. "Ce sont des exercices relativement ludiques. Il y a des messages qui peuvent passer plus facilement par le jeu que dans la vie professionnelle", témoigne Karim, responsable maintenance.

La communication non-verbale

Troisième épreuve : faire évoluer collectivement un poney en liberté sur un parcours en un temps minimum. "Cet exercice touche à la communication non-verbale puisque les participants n'ont pas le droit de se parler. Il montre la place que l’on prend naturellement dans une équipe sans s’en rendre compte. 90% de notre communication est non-verbale", souligne Cécile Parquet. "Notre corps, la façon dont on se déplace, ce que l’on dégage inconsciemment. Le cheval y est très sensible", précise-t-elle.

"Dans cet exercice, on est parti un peu tête baissée. Ce n’était pas la bonne méthode, nous aurions pu être plus rapides si nous avions bien partagé les rôles. En entreprise cela arrive parfois que l’on parte tête baissée. Heureusement, on se rattrape vite, on arrête tout de suite et on reprend à zéro pour repartir sur de bonnes bases", analyse Kenza.

La journée se conclue par un debriefing. Cécile Parquet aide les participants à exprimer ce qu'ils ont ressenti. "L’esprit d’équipe, la prise d’initiatives, la confiance en soi... Il y a beaucoup de choses qu’on a fait cet après-midi qui sont en cohérence avec ce que je vis en entreprise. Et puis ce que j'ai vu aujourd'hui chez mes collègues, ce sont vraiment des choses que je vois au quotidien", reconnaît Brian, responsable adjoint travaux. Un enthousiasme nuancé par Julien, plus critique à l'égard de l'équicoaching : "Pour moi, c’est bien plus difficile de faire avancer un groupe d’humains que de faire avancer un cheval."

Cette première expérience d'équicoaching a séduit Marc Gerbi, à la tête de l'entreprise, "j'ai voulu amener mes collaborateurs ici car cela permet de se positionner les uns par rapport aux autres et de mieux se connaître et puis ça crée aussi une ambiance sympa qui peut perdurer tout au long de l’année dans la société", affirme-t-il.

L'équicoaching est en plein développement séduisant aujourd'hui les Directeurs des Relations Humaines. "Le cheval a toujours été au service de l'homme, dans les champs, pour le plaisir, pour des thérapies auprès de personnes atteintes de handicap cérébral ou moteur", témoigne Cécile Parquet. Pourquoi ? "Un cheval ne ment jamais", sourit-t-elle.

Plus d'infos sur le site Actionequicoaching.fr