“Paris n'est plus Paris“, ”Des flammes et des larmes” : la presse belge et anglaise s'émeut de l'incendie de Notre-Dame

La presse belge et britannique a fait sa une sur l'incendie de Notre-Dame. / © Montage France 3
La presse belge et britannique a fait sa une sur l'incendie de Notre-Dame. / © Montage France 3

Les images de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris ont fait le tour du monde. En Angleterre comme en Belgique, la plupart des journaux européens reviennent sur cette catastrophe culturelle.

Par France 3 Nord Pas-de-Calais

Ce sera "Notre Drame de Paris" pour le quotidien La Dernière Heure, Sudpresse et beaucoup d'autres titres francophones de l'autre côté de la frontière. Une compassion nationale chez nos voisins belges qui pouvaient lire, ce mardi 16 avril, en une du journal Le Soir "Des flammes et des larmes".
 

L'éditorialiste Béatrice Delvaux raconte : "Soudain la flèche tombe. Et soudain, nous sommes à notre tour pliés en deux. Cassés, coupés, pris d’une violente inquiétude et d’une envie de vomir." Et d'ajouter : "On ne peut s'empêcher de voir dans cet effondrement, une métaphore de tant de pouvoirs lézardés et incendiés, d'un monde fragilisé où ces murs épais et séculaires sont devenus autant de sanctuaires qui nous donnaient l'assise pour reprendre du souffle."
 

La Libre Belgique, elle, constate avec émoi que "Paris n'est plus Paris", que c'est une partie du patrimoine de l'humanité qui est détruite. Une partie de l'âme de la ville lumière.
 

Pour le quotidien L'Avenir, "La perte est inestimable". "Il y a des monuments devant lesquels le temps s'arrête et les présidents s'inclinent", reconnaît Philippe Martin, rappelant la valeur des monuments anciens "qui nous livrent, chaque fois, des explications sur l'univers des hommes qui nous ont précédés, sur ce que nous sommes et d'où nous venons".
 

"Dans notre siècle agité et virtualisé, si l'incendie de Notre-Dame de Paris cause une telle émotion, c'est peut-être parce que les artisans du XIIe siècle ont su nous toucher et nous transmettre un message qui s'adresse à ce qu'il y a d'universel, d'inaliénable et de supérieur en chacun de nous. Notre âme ?", conclut-il.
 
Belgique : émotion à Tournai après l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Devant les kiosques, les Belges s'émeuvent à la vue images de la cathédrale en feu. "Je l'ai visitée et je trouve ça catastrophique", déplore une habitante de Tournai, près de la frontière. Dans cette ville, la cathédrale porte le même nom que celle de Paris, elle est également en travaux depuis plusieurs mois. Des similitudes qui n'ont pas échappé aux habitants : "Ce sont des bâtiments importants dans l'histoire européenne", estime un habitant. Une passante ajoute qu'"un tel drame aurait pu se produire ici".
 

"Notre-Dame se relèvera de ses cendres"


Outre-Manche, la presse britannique consacre aussi toutes ses unes à Notre-Dame. Le Times publie plusieurs page sur cette bataille pour sauver la cathédrale alors que The Guardian prédit que Paris survivra à ce drame. Dans un texte poignant, l'éditorialiste anglais déplore la perte d'un symbole : "C’est comme si le cœur même de la France et l’âme de l’Europe avaient été soudain cruellement arrachés (...) mais vaille que vaille, conclut-il, Notre-Dame se relèvera de ses cendres."
 

The Telegraph évoque quant à lui les "dernières années difficiles" qu'a vécues la France, titrant : "Paris pleure sa dame bien-aimée". "Ces dernières semaines, le centre de la capitale française a été ravagé par des manifestations organisées par le mouvement des Gilets jaunes. (…) C’est un moment terrible pour la France et ses habitants. Nous partageons leur douleur. Notre-Dame peut et doit ressusciter", peut-on lire dans ses colonnes.
 

"Notre époque restera celle qui a perdu Notre-Dame, se lamente Douglas Murray, écrivain conservateur britannique, sur le site de The Spectator cité par Courrier Internationalmême si le désastre d’aujourd’hui ne s’avère être que le plus insensé des accidents. Les politiques imaginent peut-être que l’on juge une époque aux détails des politiques publiques, mais ce n’est pas vrai. Ils sont jugés à la lumière de leur bilan et surtout du traitement qu’ils réservent à ce que le passé leur a légué."

 

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