Procès de Fabienne Kabou : ça peut paraître “cocasse“ mais on ”m'ordonne” d'aller à Berck

Me Berton a posé quelques question à l'accusée. / © AFP
Me Berton a posé quelques question à l'accusée. / © AFP

Ce 19 novembre 2013, "on m'ordonne d'aller à Berck, aussi étrange, drôle et cocasse que cela puisse paraître", s'est défendue mercredi Fabienne Kabou, accusée d'avoir assassiné sa fille, Adélaïde, en l'abandonnant à marée montante sur une plage de cette ville du Pas-de-Calais.

Par Jeanne Blanquart avec AFP

Habituel chignon strict et lunettes à montures noires, au quatrième jour de son procès en appel devant les assises du Nord, Kabou assure que c'est une "voyante", qui l'a incitée à faire ce "voyage à la mer". "Ce sera déchirant mais ce sera un voyage positif", lui aurait-elle dit. Alors, face aux "injonctions insistantes", elle "réserve" ses billets pour Berck.

Le matin du drame, "c'est Michel (le père de l'enfant ndlr) qui me réveille, je parressais un peu et il insiste. On descend pour le petit-déjeuner, la toilette d'Ada, et tout s'enchaîne", raconte-t-elle. "A votre compagnon, vous lui dites quoi ?", questionne la présidente, Anne Cochaud-Doutreuwe. "L'histoire que vous savez", lui rétorque seulement l'accusée.

Fabienne Kabou avait assuré à Michel Lafon confier sa fille à sa mère pour une année au Sénégal. Elle prend le train depuis Paris pour Berck, le bus, puis "trouve un hôtel". "Je prends une longue douche avec ma fille, Ada est fatiguée, elle dort un peu, et puis, à 21h, je descends avec elle et la suite vous la savez", raconte-t-elle de façon monotone. "Vous êtes sur la plage et... ?" insiste la présidente. "Je cours droit devant et quand je sens mes bottes alourdies par le sable mouillé, je m'arrête et je sers ma fille contre moi, elle est détendue, je lui donne le sein, je lui demande pardon et je la dépose", dit-elle maintenant en sanglotant.




Elle tenait un agenda


Puis, "je reviens à l'hôtel en courant, je reprends une douche, je me couche, je dors, je me lève, je dis merci à Monsieur l'hôtelier et je m'en vais", continue-t-elle d'une traite. Ce jour-là, dans son agenda, elle note les horaires au cours desquels elle s'est absentée de son hôtel pour abandonner Adélaïde. "Il me fallait une preuve de tout ce que je faisais contre ma volonté...", explique Kabou.



Cet agenda sera découvert et versé au dossier bien après le début de l'enquête. Quand elle rentre chez elle à Saint-Mandé, en banlieue parisienne, "Michel a l'air abattu, il me dit : "Alors, ça a été ?", je lui réponds que si quelqu'un doit être abattu aujourd'hui, c'est bien moi, et qu'il peut ravaler ses larmes de crocodile. Et je ne sors plus jusqu'à ce que les policiers arrivent. Voilà", conclut-elle. Les enquêteurs mettront neuf jours à découvrir où elle habite.


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