Déconfinement : qui pourra organiser son vide-greniers ou sa braderie en respectant les mesures sanitaires ?

La première braderie de la région a eu lieu dimanche 21 juin à Calonne-sur-la-Lys, dans le Pas-de-Calais, dans le respect des règles sanitaires dûes au coronavirus. Des règles parfois trop contraignantes pour des associations, obligées d'annuler leur brocante ou vide-grenier.

La tenue de la Braderie de Lille en 2020 est encore incertaine.
La tenue de la Braderie de Lille en 2020 est encore incertaine. © Frédérik Giltay - France 3 Hauts de France

Un village de 1 600 habitants a pris la lumière le temps d'une journée. Calonne-sur-la-Lys, située à quelque 10 kilomètres de Béthune, a accueilli dimanche 21 juin, la première braderie de la région depuis le confinement. "On revit un peu, ça fait passer un bon moment", confie un vendeur.

"Une belle publicité"

Forcément, Dominique Wieruszewski, président du comité des fêtes, était ravi. "C'est une belle publicité pour notre commune." D'autant que le public était au rendez-vous : 90 exposants, soit deux fois plus qu'en 2019, et trois fois plus d'affluence que l'an passé. 

La commune a obtenu l’accord de la préfecture, mercredi 17 juin, alors que partout ailleurs, vide-greniers ou autres brocantes et braderies ont été annulées ou reportées. Certains badauds ont donc fait plus d'une heure de route pour chiner. "Vers chez nous, tout est annulé. C’est absurde et ridicule, tout se passe bien ici", relève l'une d'entre elles.

"Un boulot bien harassant"

Certes, le Covid-19 est passé par là. Le maire, Dominique Queste, et toute son équipe ont dû s'adapter pour respecter l'ensemble des contraintes sanitaires et organiser pareille manifestation : deux entrées et sorties, affichettes avec les recommandations et les gestes barrières, obligation pour les vendeurs de porter un masque, pas de croisement entre personnes... "Dès que je touche quelque chose, j’ai mon petit gel, je fais attention, j’essuie bien mes mains", raconte un exposant.

En raison du coronavirus, les exposants étaient obligés de porter un masque. Il était simplement préconisé pour les visiteurs.
En raison du coronavirus, les exposants étaient obligés de porter un masque. Il était simplement préconisé pour les visiteurs. © France 3 Hauts-de-France

L'édile, réélu jusqu'en 2026, n'a pas hésité à organiser ce marché aux puces, même s'il comprend la réticence d'autres maires. "Peut-être que dans certaines communes, ils ne veulent pas prendre de risques ou ne pas se casser la tête. Il faut notamment mettre des barrières et les ramasser, c’est un boulot bien harassant."

Première braderie de la région après le confinement à Calonne-sur-la-Lys (62).

Annulations en pagaille

D'autres villes de la région vont-elles embrayer et solliciter la préfecture ? Rien n'est moins sûr. Les braderies peuvent être assimilées aux marchés par les pouvoirs publics, elles peuvent donc avoir lieu sous réserve de respecter plusieurs règles sanitaires, à l'image de celle de Calonne-sur-la-Lys.

Au Touquet, après longues tractations, Les puces du Touquet, ont réussi à obtenir l'autorisation de réunir une trentaine d'exposants aux halles du marché. C'était le cas le 14 juin, ce le sera le 12 juillet. "Les exposants sont masqués, il y a un sens de visite, les stands ont du gel hydroalcoolique, et un nombre limité de visiteurs est accepté", assure l'organisation qui veille au respect de ces mesures. Même son de cloche à Douai, où Pascal Valleise, a réussi à obtenir un "permis de travail" pour une soixantaine d'exposants le 21 juin dernier.

On n'a pas les moyens d'assurer toutes ces règles, nous ne sommes qu'une petite dizaine de bénévoles dans notre association

Mais, globalement, faute de pouvoir garantir ces pratiques, de nombreux maires et responsables d'associations sont contraints de renoncer à organiser une telle manifestation cette année."On n'a pas les moyens d'assurer toutes ces règles, nous ne sommes qu'une petite dizaine de bénévoles dans notre association", explique Frédéric Broyez, responsable du radio club amateur de Bapaume qui devait organiser sa braderie le 20 juin avec une centaine d'exposants.


Ce dernier a pris connaissance des règles sanitaires sur Internet et se résout à l'évidence : "Si l'on met 4 mètres entre chaque exposant, il n'y aura jamais assez d'espace sur la place Guidet à Bapaume pour tous les accueillir."

Il y a déjà une quinzaine de jours, les 22 maires de la Communauté d’Agglomération du Boulonnais avaient décidé de manière commune, d’annuler foires, braderies tout l'été. Rien avant septembre. La tenue de la Braderie de Lille, prévue les 5 et 6 septembre, reste incertaine. La réponse sera donnée le 11 juillet.

Les règles à respecter sur les marchés, pouvant s'appliquer pour les brocantes et braderies
  • Des règles strictes d’organisation spatiale (contrôle des accès et régulation des flux, séparation des commerces et des étals, sens de circulation unique, matérialisation des distances au sol et des cheminements d’accès, installation de distributeurs de solution hydroalcoolique...).
  • Des pratiques rigoureuses de vente et de distribution des denrées (protection en plexiglass, port du masque par les commerçants vendant des denrées alimentaires, favoriser les paiements sans contact...).
  • La diffusion et l’affichage des consignes de sécurité (affichage des consignes aux entrées et sorties, diffusion des messages par haut-parleur le cas échéant).
  • La mise en place de contrôles par les agents municipaux qui devront s’assurer du respect, de l’absence de regroupements de plus de 10 personnes au sein du marché, ainsi que de l’ensemble des mesures barrières, tant par les commerçants que par les clients.
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