Boulogne-sur-mer : l'entreprise de pêche Euronor recrute massivement

Publié le Mis à jour le
Écrit par Yacha Hajzler

Avec de nombreux départs à la retraite annoncés sur cinq ans, l'entreprise veut rajeunir son effectif en montrant les avantages d'une vie de marin. 

30 % de marins qui partent à la retraite, ça fait un sacré trou dans l’effectif. C’est pour cette raison qu’Euronor recrute et l’entreprise de pêche veut le faire savoir ! Elle a lancé la semaine dernière une campagne sur les réseaux sociaux.


Campagne sur les réseaux sociaux


"En fait, on a toute une génération qui va partir à la retraite dans les cinq ans à venir, et on est conscient qu’il va falloir la remplacer par des plus jeunes. Or, la première chose que les jeunes vont faire c’est aller voir sur internet, si l’entreprise a un site web par exemple. Ces vidéos sont la première phase de la sortie de notre nouveau site internet, on s’est dit que ça allait déclencher une curiosité." détaille Bruno Leduc, directeur d'exploitation adjoint d'Euronor. 

C’est l’équipe des Ressources humaines, dont les effectifs ont eux-mêmes récemment rajeuni, qui a soufflé l’idée.

Ces vidéos mettent notamment en valeur le salaire attractif (un simple matelot peut gagner jusqu’à trois fois le smic en début de carrière), les évolutions rapides en interne et la stabilité de l’emploi. 

En effet, après plusieurs "contrats de voyage", soit des CDD spécifiques au milieu qui couvrent la durée d’un voyage de pêche aller-retour, le CDI peut assez vite se débloquer. 

Euronor recrute à de nombreux postes, du matelot au capitaine en passant par les maîtres d’équipage, lieutenants, cuisiniers, mécaniciens...

"Etrangement, même si on n’a qu’un cuisinier par bateau, on a toujours du mal à en recruter", remarque pensivement Bruno Leduc.

"Partir de chez soi ne plaît pas à tout le monde, reconnaît le directeur adjoint. Aujourd’hui les gens cherchent davantage un métier qui va leur permettre de rentrer chez eux le week-end."

Le bon marin


Conséquence : les candidats d’aujourd’hui, ce sont les atypiques.

"Quand j’ai commencé moi-même à travailler, on recrutait beaucoup chez les enfants de marins. C’était un métier qui se faisait de père en fils. Aujourd’hui, on embauche des gens qui ne viennent pas forcément d’une famille de marin ni même d’une région côtière, mais qui ont envie de vivre une expérience, de découvrir des grands espaces." 

225 jours en mer par an en moyenne, vers le Nord de la mer du Nord, vers l’Ecosse ou la Norvège, c’est un engagement à part entière.

Les qualités d’un bon marin ? "L’esprit d’équipe, cite tout de suite Bruno Leduc. L’équipage, c’est une deuxième famille. Il faut évidemment être courageux, dur à la tâche on va dire, ce n’est pas un métier facile, on ne va pas se le cacher ! Et ensuite, pour pouvoir évoluer plus vite, c’est vrai que maintenant on est sensibles aux gens qui ont fait un peu d’études, qui parlent un peu anglais, par exemple. Mais ça n’est pas obligatoire."

Des ajustements à prévoir


On a posé la question des femmes à bord : un regret pour Bruno Leduc, qui reconnaît que l’entreprise n’est "pas tout à fait prête". Si les femmes peuvent tout à fait postuler, elles doivent avoir conscience que les bateaux ne sont pas forcément adaptés à la mixité. Ça se traduit, par exemple, par des salles de bains partagées pour l’équipage. Aucune femme ne fait pour le moment partie des effectifs en mer.

Dernier rafraîchissement : l’entreprise s’associera, si possible, avec le lycée maritime du Portel, qui proposera à la rentrée une formation en apprentissage pour les matelots. Un aspect encore à ajuster, car emmener des mineurs en mer est une pratique très encadrée

"Pour les jeunes en alternance, ce sera plus simple de se diriger vers la pêche côtière, ça peut être par exemple des fileyeurs, qui vont partir pour la journée. Pour nos navires qui partent huit à dix jours, on recherchera des personnes majeures."
Pour postuler chez Euronor :
Blandine Lassalle, chargée des Ressources Humaines Euronor : blassalle@euronor.eu