Ounnout, la momie dorée d'Antinoé, s'exposera pendant cinq ans au musée de Boulogne-sur-Mer

La momie dorée Ounnout serait âgée de plus de 1700 ans. / © Franck Boucourt/GRAHAL/ACMHDF
La momie dorée Ounnout serait âgée de plus de 1700 ans. / © Franck Boucourt/GRAHAL/ACMHDF

A partir du 1er février prochain, la momie Ounnout, propriété du musée des beaux-arts de Dunkerque, sera exposée au musée de Boulogne-sur-Mer, et ce durant cinq ans.

Par Sophie Maréchal

La dernière fois qu’Ounnout a quitté le musée des beaux-arts de Dunkerque plus d’une journée, c’était lors des deux dernières guerres mondiales. L’Egyptienne, momifiée il y a environ 1780 ans, sait se faire rare.

Elle s’exposera pourtant au musée-château de Boulogne-sur-Mer à partir du 1er février prochain, et ce pour une durée de cinq ans, jusqu’à ce que le musée dunkerquois, fermé depuis le 1er avril 2015, ait de nouveau ouvert ses portes au public.

C’est la première fois que la momie dorée, ramenée du site antique d’Antinoé en 1907 par l’archéologue Albert Gayet, est prêtée.

Une des momies les mieux conservées d'Europe

«Ce prêt nous permet de valoriser nos collections égyptiennes autrement, souligne Sophie Warlop, la directrice du Lieu d’art et d’action contemporaine de Dunkerque. De cette manière, la momie pourra continuer à être admirée, car c'est une des plus belles d’Europe, et une des mieux conservées
La momie a été découverte en 1906 en Egypte. / © Franck Boucourt/GRAHAL/ACMHDF
La momie a été découverte en 1906 en Egypte. / © Franck Boucourt/GRAHAL/ACMHDF

La collaboration avec le musée de Boulogne permettra, entre autres, de poursuivre un travail scientifique de comparaison des rites funéraires. «Ounnout a été momifiée selon des pratiques coptes, avec ses organes. Tandis que la momie de Boulogne, qui date de l’époque ptolémaïque, a été totalement éviscérée», explique la directrice du LAAC.

Le transfert, risqué pour la momie d’une extrême fragilité, fait l’objet de multiples précautions. «Une restauratrice spécialisée va veiller sur Ounnout tout au long du voyage, reprend Sophie Warlop. Elle réalisera un calage très spécifique car elle légèrement collante et sa tête et une de ses jambes peuvent se détacher

Le parcours égyptien du musée de Boulogne réaménagé

Une fois arrivée à Boulogne, la momie dunkerquoise sera installée aux côtés de son homologue local dans un tout nouveau parcours muséographique.
La momie d'Antinoé présente une série de fractures post-mortem (visible ici à la mâchoire). / © Centre hospitalier de Dunkerque
La momie d'Antinoé présente une série de fractures post-mortem (visible ici à la mâchoire). / © Centre hospitalier de Dunkerque
«Cette arrivée est l’occasion de réaménager les salles égyptiennes. Les deux momies seront au cœur de la scénographie, précise Elikya Kandot, la directrice du musée-château de Boulogne. Il serait également possible de retrouver les scanners qu’Ounnout a passés en 2011, ainsi que toutes les études scientifiques qui les ont accompagnés.»

Il y a huit ans en effet, la momie d’Antinoé a fait l’objet d’une étude conjointe de la part du Louvre et du CNRS qui ont permis de déterminer son âge avec plus de précision. «Il n’a pas été possible de relever l’ADN d’Ounnout, reprend Sophie Warlop. La momie dorée conserve encore quelques mystères

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