Migrants de Calais : les sanitaires et points d'eau exigés par la Justice font leur apparition

De jeunes migrants font leur lessive dans le nouveau point d'eau installé à Calais. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
De jeunes migrants font leur lessive dans le nouveau point d'eau installé à Calais. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

La mesure répond à une exigence du Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative. 

Par Avec AFP

A Calais, les autorités ont commencé à mettre en place des sanitaires, premiers éléments du dispositif d'aide aux migrants imposé par le Conseil d'État.

Eviter un nouveau camp


Dix toilettes et cinq robinets ont ainsi été installés route de Saint-Omer, à côté des locaux du Secours Catholique, à quelques kilomètres du centre-ville de Calais où vivent entre 450 et 700 migrants (le chiffre oscille entre l'estimation de la préfecture et celle des associations ndlr)

Selon la préfecture du Pas-de Calais, "des latrines, des citernes d'eau et des points d'eau" seront également prochainement installés rue des Verrotières, dans un autre quartier périphérique, non loin de la rocade menant au port.

Pour les autorités, le choix des implantations du dispositif devait notamment répondre à une "considération importante", celle d’éviter la reconstruction d’un camp reliant ces installations, selon le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry.

La "Jungle" de Calais démantelée à l'automne, avait compté jusqu'à 7.000 personnes selon les chiffres officiels.

Les toilettes et sanitaires installées à Calais / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
Les toilettes et sanitaires installées à Calais / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

"Ce n’est pas sérieux"


Le 31 juillet, le Conseil d'État avait ordonné à l'État et à la commune la mise en place de mesures pour venir en aide aux migrants, comme la création de points d'eau et de sanitaires.

Cette mesure avait à l’origine été ordonnée par le tribunal administratif de Lille,  mais la maire de Calais Natacha Bouchart, suivie du ministère de l’Intérieur, avait fait appel.

Alors que la maire avait annoncé qu'elle ne répondrait pas aux "injonctions" du Conseil d'Etat, le préfet du Pas-de-Calais avait affirmé que ce dispositif serait "sous la responsabilité publique".

"Le dispositif mis en place est minimaliste, moins que ça, c'est impossible, cinq robinets en plein air pour 600 personnes (...) ce n'est pas sérieux", a dénoncé Vincent De Coninck, chargé de mission du Secours catholique dans le Nord-Pas-de-Calais, interrogé sur place par l'AFP.

"L'interprétation qui est faite de l'ordonnance du Conseil d'État et de la décision du tribunal administratif nous inquiète. On espère que ce n'est qu'un premier pas, qui est largement insuffisant", a-t-il insisté.

Nouveaux centres d’accueil


Le tribunal administratif avait également enjoint au préfet d'organise des départs vers les centres d'accueil et d'orientation ouverts sur le territoire français, dans lesquels des places sont disponibles.

Ainsi, les autorités ont annoncé en juillet l'ouverture dans les Hauts-de-France de deux centres d'accueil et d'évaluation des situations (CAES) assurant la mise à l'abri des migrants, l'évaluation sous huit jours de leur situation administrative et leur orientation immédiate vers les lieux adaptés à leur situation.

Ces deux centres ont ouvert leurs portes et accueilli depuis une centaine de migrants amenés depuis la côte d'Opale.

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