Brouckerque : à la rencontre des glaneurs de pommes de terre

La glanage de pommes de terre existe depuis de nombreuses années à Grande-Synthe. / © MAXPPP
La glanage de pommes de terre existe depuis de nombreuses années à Grande-Synthe. / © MAXPPP

A Brouckerque, près de Grande-Synthe, une poignée de glaneurs sont partis à la recherche de pommes de terre passées entre les mailles du filet. Une manière de faire des économies, mais aussi de sensibiliser les enfants à l'agriculture. 

Par Jeanne Blanquart

Cinq hectares comme terrain de jeu et de la bintje à récolter, une pomme de terre idéale pour les frites. Pour ces familles, c'est une aubaine. "C'est gratuit... On va pas se mentir. Et puis ça nous fait passer le temps, surtout le mercredi après-midi quand il n'y a pas école", confie Sabrina Guefif, glaneuse et mère de quatre enfants.

Avec cinq bouches à nourrir à la maison, Didier est un habitué du glanage. "Des pommes de terre on en mange tous les jours à la maison. Avec l'argent qu'on ne met pas dedans on peut acheter de la viande", explique Didier Lannoye, glaneur depuis l'enfance. "Avant on pouvait aller dans tous les champs, c'était pas réglementé à 100%. Maintenant il vaut mieux demander à la personne. Là on m'a donné l'adresse et on est venus en famille. Pour elle ça lui apprend comment on fait une pomme de terre, on lui explique en même temps."


Brouckerque : à la rencontre des glaneurs de pommes de terre
>> Un reportage de Marie-Noëlle Grimaldi, Jean-Marc Vasco. 


Sensibiliser les enfants


La plupart de ces familles sont venues grâce aux maisons de quartier de Grande-Synthe. Une manière de sensibiliser les enfants présents. "Les patates ils les ont vues dans des boîtes ou directement conditionnées", explique Mohoub Cherief, coordinateur de développement social à Grande-Synthe. "Aujourd'hui c'est l'occasion pour eux de découvrir et après ça nous permet de rebondir sur d'autres sorties."

Pour l'exploitant aussi, le glanage est intéressant. Cette année, il a eu trois jours de pluie juste avant la récolte et les machines n'ont pas pu passer partout. Chaque hectare compte encore au moins 600 kg de pommes de terre.

"Ces pommes de terre, elles m'auraient embêté, dont on aurait utilisé des produits phyto-sanitaires. C'est vrai qu'en nettoyant, en glanant les champs, ça nous permet aussi d'avoir moins de repousse", explique Vincent Dezitter, exploitant agricole. Le glanage, une tradition 100% dans l'air du temps...


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