"Je m'incline devant les familles des 42 victimes de Liévin" : quand Jacques Chirac rendait hommage aux mineurs en 1974

La catastrophe de la fosse Saint-Amé de Liévin avait eu lieu quatre jours plus tôt.

© INA

De quand date le reportage ?


Cette archive date du 31 décembre 1974, soit quatre jours après la catastrophe de la fosse n°3 bis de Liévin. Elle a été diffusée au journal télévisé du 20 heures, qui y a accordé dix minutes d'antenne.
 
Quand Jacques Chirac rendait hommage aux mineurs morts en 1974 à Liévin

 

De quoi ça parle ?


Le 27 décembre 1974, un coup de grisou tuait 42 personnes au fond de la fosse Saint-André. Ce jour-là, les mineurs revenaient d'une pause dûe aux fêtes.

À leur arrivée au fond de la mine – vouée à fermer peu de temps après – il suffisait alors d'une seule étincelle pour transformer le fond de la fosse en brasier. 
 
Le 31 décembre, des funérailles publiques sont organisées pour 31 d'entre eux (une cérémonie privée avait été organisée pour 11 autres), à laquelle assistent près d'une dizaine de milliers de personnes. Des délégations belge, polonaise, espagnole ou allemande sont même présentes.

 

Qu'y voit-on ?


Au micro se succèdent le délégué des mineurs, puis le maire d'Arras et enfin Jacques Chirac, Premier ministre qui représente le président Valéry Giscard d'Estaing (lequel, lui, n'a pas fait le déplacement).

"Nous sommes ici côte à côte, parce que des hommes sont morts", déclare-t-il, avant de promettre que "toute la lumière sera faite sur les conditions dans lesquelles la catastrophe de la fosse 3 s'est produite", et "que toutes les conséquences en seront tirées".

Chirac ajoute alors qu'il s'"incline devant les familles des 42 victimes de Liévin, et je les assure que leur douleur si légitime est celle du pays tout entier."

Pourtant, comme le rappelle Sorj Chalandon, auteur du Jour d'avant traitant de la catastrophe et interrogé par Brut, "non seulement ils sont morts pour rien, mais ils auraient dû ne pas mourir" : la fosse, où l'air était irrespirable depuis quelques semaines, n'était "pas ventilée" et "il aurait dû y avoir une tournée de contrôles sur le grisou qui n'a pas eu lieu."
 
Surtout, le procès n'a finalement abouti qu'à une amende de 10 000 euros pour un lampiste, responsable du siège. "Les Charbonnages de France ont été déclarés responsables mais pas coupables. Terminé." Et d'expliquer : "les gens ne se sont pas aperçus qu'en fait, cet événement marquait la fin d'un monde ouvrier et la fin de la mine."
 
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