Livraison des plis électoraux : surchargés de travail, les facteurs du Pas-de-Calais en grève les 22 et 23

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Écrit par Yacha Hajzler

Quatre organisations syndicales de facteurs du Pas-de-Calais ont déposé un préavis de grève pour les journées des 22 et 23 avril. Au coeur du conflit : la manière dont la Poste gère la livraison des plis électoraux pour la présidentielle 2022.

Ils estiment que leurs revendications sont restées "lettre morte". Alors, quatre organisations syndicales ont déposé leur préavis : les facteurs du Pas-de-Calais seront en grève ce 22 et 23 avril. En cause, la surcharge de travail liée à la livraison des plis pour l'élection présidentielle. Avant le 1er tour, les facteurs avaient encaissé des tournées "cinq fois plus longues", avec jusqu'à 15 kilos de charge sur le vélo, dans un délai très réduit et sans compensation financière significative.

Une réunion avec la direction s'est tenue ce 15 avril, sans donner satisfaction aux salariés. "Nous demandions deux repos par tour électoral, une prime de 50 euros nette pour les agents qui travailleraient le samedi, et le doublement des heures supplémentaires. Et pour les seniors, la liberté de refuser les tournées électorales. On demandait également la prise en charge du petit-déjeuner, et du repas du midi. Seules ces deux dernières revendications ont été retenues. On accepte également de nous payer les heures supplémentaires, mais sans doublement" résume David Szkudlarek, secrétaire départemental de la CGT-FATP 62. 

"Tout ce qu'on demande, c'est une répartition des richesses"

Ce doublement des heures supplémentaires était demandé vis-à-vis de la pénibilité accrue de cette période électorale, mais pas seulement. En 2022, la Poste a récupéré le marché de la distribution de plis électoraux. Lors des élections locales de 2021, l'opération avait été confiée à un distributeur privé, Adrexo, qui avait enchaîné les ratés. Pour prendre de nouveau en charge les élections présidentielle et législatives, la Poste a touché 83 millions d'euros de la part de l'Etat.

"Tout ce qu'on demande, c'est une répartition des richesses et c'est tout à fait normal. C'est trop simple de prendre cet argent sans rien redistribuer à nos facteurs, ce sont tout de même eux les plus impactés par cette distribution" estime David Szkudlarek. D'autres départements sont susceptibles de se joindre au mouvement : selon France Info, une quinzaine de sections ont déposé des préavis de grève pouvant courir jusqu'au second tour de la présidentielle, le 23 avril.