Mazingarbe : les ex-salariés de Maxam Tan remportent une première victoire devant les Prud'hommes

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Écrit par Yacha Hajzler

Première victoire, pour les anciens salariés de l'usine de nitrate d'ammonium Maxam Tan, à Mazingarbe. Le conseil des Prud'hommes de Lens a ouvert la voie à une reconnaissance de la responsabilité du groupe Maxam Corp dans ce dossier.

Le 17 mai 2021, ils venaient déposer leurs casques et leurs vestes devant la porte désormais fermée de leur usine, en signe de deuil. Le 22 mars 2022, ils se retrouvent devant les Prud'hommes de Lens, cette fois pour une victoire. Les ex-salariés de Maxam Tan, emblématique usine de Mazingarbe, multiplient les recours judiciaires depuis que leur activité s'est brutalement arrêtée. La lutte commence dès avril 2020, le groupe espagnol propriétaire du site Seveso, qui fabriquait du nitrate d’ammonium, décide simplement de stopper les investissements nécessaires à la sécurité du site. 

Le groupe se défend en évoquant des problèmes de rentabilité, quand les 72 salariés laissés sur le carreau dénoncent une "faillite organisée". Un scénario actuellement sous l'oeil du parquet de Béthune. Une assignation devant le tribunal de commerce est également en cours, les salariés accusant Maxam Tan de ne pas avoir honoré les engagements financiers de son Plan de Sauvegarde de l'Emploi. 

Le groupe Maxam pouvait-il sauver l'usine ?

Devant les Prud'hommes, les ex-Maxam espéraient faire reconnaître une situation dite de co-emploi. Maxam Tan est en effet une filiale du groupe Maxam Corp, bien plus important. Il a pourtant laissé à sa filiale la gestion de l'abandon du site. Une situation de co-emploi signifierait que, même indirectement, la situation des salariés de Mazingarbe était bien dépendante de la Maxam Corp. Selon l'avocate des salariés, si le groupe au complet avait prêté sa manne financière, un Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) seul aurait pu sauver l'entreprise, au lieu d'en passer par la liquidation judiciaire. 

Les ex-Maxam espéraient donc faire valider cette première étape, car ce statut pourrait ouvrir la voie à la reconnaissance par la Justice de licenciements "sans cause réelle et sérieuse", et permettre une indemnisation. Le conseil des Prud'hommes de Lens a finalement statué ce 22 mars, et estimé recevable la demande de reconnaissance de co-emploi. Le départ d'un nouveau volet judiciaire, pour les licenciés de Maxam.